CRISE DU COVID OU CRISE DU CAPITALISME ?

Par Yacine

Ce mardi, Emmanuel Macron s’est de nouveau adressé directement aux Français à propos du coronavirus et de l’ensemble des mesures prises face à la seconde vague.

Il a justifié sa politique de confinement par des arguments sanitaires et a expliqué que la levée de ces mesures restrictives serait corrélée à la réalisation de certains objectifs de contagions et d’occupation des lits d’hôpitaux, objectifs dont on peut difficilement juger de la pertinence. Quant au confinement, celui-ci est maintenu, mais avec de nouvelles conditions qui ne font que renforcer son caractère absurde et qui ne peuvent qu’accroître le scepticisme envers cette méthode. Il faudrait développer longuement l’analyse de ce discours pour montrer à quel point, il porte, du début à la fin, l’idéologie d’une bourgeoisie qui ne sait plus comment sortir des crises qu’elle a elle-même provoquée. Revenons sur certains points.

L’absurdité des mesures de confinements ne doit bien sûr pas nous empêcher d’insister sur la nécessité de respecter les gestes barrières, bien qu’ils soient devenus le cache-misère de l’échec du gouvernement à lutter contre l’épidémie, ils ont une réelle efficacité. 

Macron nous parle d’un effort collectif. Un effort collectif, qui aurait commencé à porter ses fruits. Mais la réalité est bien différente. Alors que les travailleurs, dans des conditions de plus en plus difficiles, maintiennent l’économie à flot, la classe capitaliste continue d’engranger des profits record. Celle-ci profite de la crise pour procéder à une restructuration de l’économie, en multipliant les plans de licenciement, en accroissant l’exploitation et en s’appuyant sur des travailleurs de plus en plus précaires. On ne peut bien sûr, pas manquer de parler des travailleurs de la santé, subissant des décennies de destruction méthodique de la sécurité sociale et de l’hôpital public, qui doivent assumer avec des moyens dérisoires l’afflux des malades. Macron refuse toujours la mise en place des mesures qui permettraient de lutter efficacement contre le manque de moyen. Là-dessus la JC du Nord revendique la suppression des exonérations de cotisations sociales, la création de 100 000 postes dans les hôpitaux, ainsi que l’ouverture de 10 000 lits.

Par ailleurs, le président évoque la circulation du virus dans tout l’hémisphère Nord, en omettant de préciser que la Chine, le Viêtnam ou encore Cuba, trois pays bel et bien au Nord de l’équateur, ont été capable d’endiguer la circulation du virus. Bien sûr, pour Macron, l’idée que des états dirigés par un parti communiste puissent s’en sortir bien mieux que les états capitalistes d’Europe ou d’Amérique du Nord, est inacceptable, il préfère donc omettre l’évidence. Néanmoins l’exemple de la Chine qui a vaincu le virus en quelques mois, en s’appuyant sur la planification économique et la société civile socialiste, ou bien encore l’exemple de Cuba, étouffer par le blocus impérialiste, mais pourtant capable d’envoyer des médecins en Italie, là où l’UE a montré une passivité coupable, devraient grandement faire réfléchir les travailleurs français sur la nécessité de rompre avec l’ordre politique capitaliste.

En effet, il est maintenant clair que la crise du coronavirus, n’est en réalité pas qu’une crise sanitaire mais également une crise du mode de production capitaliste. Marx dans ses Gundrisse expliquait que :

« Les contradictions capitalistes provoqueront des explosions, des cataclysmes et des crises au cours desquels les arrêts momentanés de travail et la destruction d’une grande partie des capitaux ramèneront, par la violence, le capitalisme à un niveau d’où il pourra reprendre son cours. Les contradictions créent des explosions, des crises au cours desquelles tout travail s’arrête pour un temps tandis qu’une partie importante du capital est détruite, ramenant le capital par la force à un point où, sans se suicider, il est à même d’employer de nouveau pleinement sa capacité productive. Cependant ces catastrophes qui le régénèrent régulièrement, se répètent à une échelle toujours plus vaste, et elles finiront par provoquer son renversement violent. ».

C’est précisément ce que nous laisse entrevoir la situation actuelle. D’un côté, un mode de production capitaliste qui poursuit son cycle de crise, avec une classe capitaliste qui en profite pour tenter d’accroître l’exploitation des travailleurs et de liquider les conquêtes révolutionnaires du prolétariat. De l’autre, le prolétariat qui doit affronter les conséquences sociales directes de cette crise tout en défendant ses conquêtes face aux capitalistes. Bien sûr défense et attaque procèdent du même mouvement pour le prolétariat.

Le seul moyen de faire reculer le gouvernement actuel, ainsi que les futurs gouvernements bourgeois à prévoir passe par une défense et un développement des conquêtes de 1946, par lesquels les travailleurs communistes ont instauré le régime général de sécurité sociale ainsi qu’un service public aux services de la population, conquêtes qui démontrent la légitimité du prolétariat à diriger l’ensemble de la société. Bien sûr comme en 46, c’est au travers d’organes de classe combatifs, et structurés sur des bases marxistes, comme l’étaient alors le PCF et la CGT, que le prolétariat pourra trouver la force de conquérir le pouvoir économique et politique. Résoudre les contradictions du mode de production capitaliste, qu’elles soient économiques, sociales, environnementales ou même anthropologiques, passe donc par le renforcement dans les luttes des organes de classes nécessaires à la lutte du prolétariat. Car si le capitalisme déclenche des crises de plus en plus graves, seule une classe révolutionnaire consciente de sa force et de sa responsabilité historique pourra le renverser.

Sans quoi, cette crise du capitalisme, loin d’être la dernière, ne sera que l’annonciatrice de nouvelles crises dont l’ampleur est difficilement imaginable. 

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