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ALERTE EPE, L’UNIVERSITÉ PUBLIQUE EN DANGER

Depuis plusieurs semaines, des étudiant.es, des enseignant.es et des membres du personnel de l’Université de Lille se mobilisent contre un projet d’EPE prévu pour 2022.

Aux sources de l’EPE, une libéralisation de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche qui court depuis des années.

L’Etablissement Public Expérimental est un projet de regroupement puis de fusion de l’Université de Lille et de grandes écoles lilloises telles que l’ESJ et ENSAIT, prévu pour 2022. 

ll faut tout d’abord comprendre que le projet d’EPE s’inscrit dans la continuité de la privatisation et de la casse que connaît notre Université depuis des années.

Sous couvert d’autonomie, nos campus subissent des restrictions budgétaires qui les forcent à recourir à des financements extérieurs, sous forme d’appels à projets notamment. Ces recours à des financements privés obligent l’Université à rechercher des labels afin de se hisser dans les classements internationaux.

C’est cette compétition absurde ,qui pousse l’université de Lille à chercher la fusion avec d’autres établissements d’enseignement supérieur. L’EPE est donc un moyen pour l’Université de s’afficher comme “compétitive”. C’est cette même logique de recherche de financements privés qui a poussé les 3 universités lilloises à fusionner il y a 3 ans afin d’obtenir un label I-Site qui devait permettre d’obtenir plus de financements. 

Si le bilan de cette fusion n’est pas complet les premières conséquences sont catastrophiques : gel du recrutement de professeurs, mises sous pression des personnels liées aux restructurations, destructions des services de proximité accessibles aux étudiant.es et disparition de locaux accessibles pour faire cours. 

Loin des préoccupations des étudiant.es et du personnel, qui revendiquent pourtant en ces temps de crise sanitaire des conditions d’études et de travail viables, voilà que se dessine un énième rapprochement…

Le danger d’une dégradation de nos conditions d’études et de travail

L’EPE, c’est la suppression de la personnalité morale et juridique de l’Université, c’est-à-dire de ses prérogatives en matière de gestion du budget, de masse salariale, de diplômes, et de droits d’inscriptions. Ainsi, en intégrant l’EPE et en supprimant l’échelon supérieur de l’Université de Lille, les composantes gagneront en autonomie et se retrouveront au même niveau que les écoles. 

Elles subiront ainsi de plein fouet une concurrence déloyale de ces dernières, qui, parce qu’elles délivrent des diplômes plus prestigieux et plus coûteux pour les étudiant.es, se verront allouer plus de budgets. 

L’EPE, c’est moins de moyens pour des composantes qui risquent de disparaître au profit des filières plus “prestigieuses” et “rentables”. 

Le danger est réel : en sont témoins les étudiants en master MEEF de Valenciennes dont la filière est menacée de suppression car jugés trop peu « rentables ». 

Cette exigence de rentabilité n’a pas lieu d’être : l’enseignement supérieur et la recherche ne sont pas des coûts. 

Ils occupent une place nécessaire dans la production et dans le développement de la société, autant par le haut niveau de formation scientifique qu’ils délivrent aux étudiant.es, que par la recherche qui permet à la fois un développement technique et social et une plus grande compréhension du monde. 

Comme tout secteur productif, l’enseignement supérieur et la recherche nécessitent un investissement et son caractère essentiel exige que celui-ci soit public, pour répondre à des critères d’efficacité et non pas de profitabilité !

Une démocratie universitaire toujours plus bafouée

L’EPE représente aussi un recul de la démocratie universitaire, tant dans sa mise en place que dans son projet. 

Le désinvestissement de l’Etat dans l’Enseignement Supérieur et de la Recherche offre une opportunité rêvée d’investissement aux acteurs privés qui seront sur-représentés au conseil d’administration de l’EPE. La proportion au CA des représentant.es extérieur.es à l’université passera ainsi de 22% à 32% avec l’EPE, au détriment du personnel et des étudiant.es, déjà très peu représentés depuis la fusion. 

Summum de la honte : au contraire de l’Université, les écoles vont garder leur personnalité morale et juridique pendant toute la période d’expérimentation, leur permettant de quitter le projet si elles le souhaitent.  

Elles conserveront ainsi une autonomie de gestion que l’Université aura perdu. Cela signifie qu’elles pourront bénéficier des avantages offerts par l’Université (salles, équipements, possibilité d’émarger à la CVEC) sans aucune contrepartie. 

Enfin, les écoles seront avantagées dans le rapport des voix au sein des conseils d’administrations, puisqu’elles auront une voix permanente au CA, ce qui n’est pas le cas des doyens de composantes de l’Université, même lorsque l’une seule d’entre elles compte autant d’étudiant.es que l’intégralité des écoles lilloises. 

L’EPE attaque la démocratie universitaire jusque dans sa phase de préparation. Alors même que certains conseils de facultés (Humanités, Droit)  refusent le projet, et que l’absence de débat au sein de l’équipe présidentielle a provoqué la démission de trois vice-présidentes, la direction de l’Université refuse aux étudiant.es et au personnel l’organisation d’une consultation. 

Alors, que faire ?

Un collectif de personnel et d’enseignant.es a lancé avec des étudiant.es mobilisé.es deux référendums afin de faire entendre l’opposition massive de la communauté universitaire à l’EPE. 

Étudiant.es, administratifs et enseignant.es, tous et toutes doivent pouvoir exprimer leur opposition à ce projet. C’est collectivement qu’il nous revient de faire entendre notre voix. 

Pour ce faire, il suffit de suivre l’un de ces liens et de vous y inscrire selon que vous soyez étudiant.e ou personnel, en utilisant l’adresse universitaire appropriée.

Si tu es étudiante.es → SURVEY: Referendum EPE Etudiant (ouvaton.org) 

Si tu es membre du personnel → SURVEY: Referendum EPE U Lille (ouvaton.org)

Ici le lien du collectif du Personnel et enseignant.es mobilisé.es contre l’EPE pour plus de détails : start [Personnels de l’université de Lille en lutte] (frama.wiki)

Un mail vous permettant d’exprimer votre avis sur l’EPE sera envoyé à l’adresse universitaire renseignée.

ENTRETIEN – LE SPECTACLE VIVANT, LES NON-ESSENTIELS

Entretien avec Maxime Séchaud

Par Louise Lougrada

Depuis le vendredi 12 mars, le Théâtre du Nord est occupé par les intermittent.e.s du spectacle. Après une manifestation inter-syndicale, les acteurs et actrices de la culture, de la région, ont investi le lieu pour affirmer la nécessité de voir  rouvrir les salles de spectacle, renforçant ainsi la mobilisation amorcée à Paris au théâtre de l’Odéon.

Le milieu du spectacle vivant est l’un des premiers touchés par la crise. Les annulations et reports de spectacles ont commencé avant même le confinement de Mars et le secteur a dû cesser toute activité durant 3 mois. En Avril 2020, E. Macron fait une conférence en présence de 6 artistes pour discuter des mesures à prendre concernant la culture et annonce à l’issue de celle-ci, l’année “blanche” comme possibilité. La proposition des syndicats est vite acceptée : les droits des intermittents seront prolongés pour un an, jusqu’à août 2021. 

En septembre dernier, les théâtres sont ouverts mais les inégalités se creusent : tous les intermittents ne travaillent pas dans les mêmes conditions. Même si quelques compagnies ont pu jouer, cela n’a pu se faire que sur un court laps de temps et les couvre-feux et le confinement ont compliqué encore davantage cette courte réouverture. Qu’en est-il de la situation des intermittent.e.s du spectacle aujourd’hui, presque 1 an après le début de la crise ? Louise Lougrada a rencontré Maxime Séchaud, Metteur en Scène et Comédien au Théâtre de l’Ordinaire , pour en savoir plus.

Quelle est la situation des intermittents du spectacle aujourd’hui, en mars 2021, 1 an après le début de la crise ?

Maxime : Aujourd’hui, malgré le couvre-feu, on a la possibilité de répéter. Mais pour répéter il faut de l’argent. Enfin si tu considères ça comme un métier (rire). Donc il faut de l’argent pour payer les comédien.e.s, technicien.e.s, tout ça… Il y a plusieurs paramètres qui entrent en ligne de compte : Est-ce que ça tombe dans ton calendrier de production ? Peut-être que sur cette période-là, tu avais prévu de tourner 5 mois mais que ta tournée est annulée, du coup tu n’as pas forcément l’argent pour répéter alors que tu as envie. Est-ce que les lieux sont dans la capacité d’accueillir ? Pas forcément parce qu’ il y a beaucoup de gens qui veulent répéter et puis surtout ça concerne principalement le théâtre subventionné. Le théâtre subventionné a cette chance d’avoir des subventions pour répéter en complément de l’argent des ventes de spectacles. C’est avec ce budget global qu’il monte une production. Mais le théâtre privé, en général, c’est-à-dire celui qui fonctionne sans subventions, il ne fonctionne qu’avec la vente de spectacles. Donc, à partir du moment ou depuis mars dernier ils ne peuvent quasiment pas vendre de spectacles, c’est impossible pour eux de répéter. Donc pour tout ce secteur là c’est une catastrophe, pour ceux qui, pour des raisons x ou y, ne sont pas sur une création, c’est une catastrophe. Ça crée des déséquilibres assez forts entre nous et pour beaucoup d’entre nous ça va être très difficile de renouveler en août. 

Alors, il y avait une mesure qui s’adressait à tous les salariés mais qui a été très compliquée pour nous, dans le syndicat, à faire respecter par les employeurs, c’est ce qu’on appelle le chômage partiel. Il y a beaucoup d’employeurs qui n’ont pas joué le jeu pour plein de raisons. Déjà parce que ça a un coût, même s’il est minime, mais à long terme ça peut être une certaine somme. D’autres, par flemme et aussi parce que ça paraissait très lourd administrativement. Beaucoup de gens ont joué sur le vocabulaire entre reporté et annulé. Du coup les gens disent « Le spectacle est reporté du coup c’est pas grave, tu seras payé la prochaine fois. » Toi, du coup, tu ne reçois pas ton salaire donc ça veut pas dire grand-chose. Je donne un exemple concret d’une camarade : elle se retrouve avec 15 dates reportées. Mais ça a été difficile d’estimer quand sera la reprise potentielle, du coup elle s’est retrouvée avec plein de gens qui lui dise  « tu peux jouer en mars 2021 » et elle a dû dire non à des dates en mars puisque tout le monde voulaient jouer à ce moment là. Donc, à la fin tu perds de l’argent. De toute façon, de manière générale, même si on a l’année blanche, même si on prolonge nos indemnités, on a tous une baisse de salaire conséquente. Pour des gens ça va mais pour certains, il suffit qu’il y ait un prêt immobilier, des enfants, etc.  C’est des baisses qui peuvent être entre 200 et 500€ par mois. Parce qu’on entend souvent le message « oui mais vous êtes sauvés vous avez l’année blanche. » Oui mais on a surtout une perte de salaire qui peut aller de 200 à 500€. Moi je défie quiconque qui est salarié en France d’accepter une telle condition. Il faut penser aussi à tous les jeunes qui sortent d’une école et qui ne peuvent pas travailler en fait. Qui ne sont toujours pas intermittents. C’est la merde pour les gens qui n’ont pas encore leur intermittence et ils sont beaucoup. 

À part l’année blanche, qu’est ce qui à été mis en place pour pallier aux manques ?

Maxime : L’année blanche à été mise en place pour les salariés, oui. Après, dans le spectacle vivant, il y a un certain nombre d’aides. Il y a des collectivités qui ont décidé de maintenir leurs subventions, il y a eu des fonds de solidarité qui s’adressaient à tout le monde, que ce soit le privé ou le public. Il y a eu quelques soutiens pour les Cie et pour l’instant ça va à peu près. Maintenant, la crise va se mesurer surtout après. On va faire face à ce qu’on a appelé les « embouteillages ». Là il y a un an de spectacle à recaser, et il y a tout ceux qui avait prévu de jouer sur l’année où on recase, donc maintenant, si tu veux faire un spectacle l’année prochaine, les théâtres te disent « Oui, oui, à partir de 2025 c’est bon ». Tu fais quoi jusqu’à 2025 ? Donc la seule solution que je vois c’est d’ouvrir les théâtres et je ne suis pas sûr que ce soit dans la politique culturelle du moment. 

On a pu voir les intermittents, le SFA-CGT par exemple, être présents aux dernières mobilisations et organiser différentes actions. Qu’est-ce que vous demandez ? 

Maxime : Il y a des mobilisations depuis la fin du premier confinement dans le spectacle et la culture en général. Déjà, on demande une prolongation de l’année blanche parce qu’on est un certain nombre à ne pas pouvoir renouveler en août. On demande aussi une vraie consultation des organisations concernées, qu’on puisse être entendus parce qu’on connaît notre secteur. Il y en a beaucoup qui demandent une réouverture des salles en se basant sur le fait que ça a été prouvé par un certain nombres de scientifiques, moi je n’avance pas ça comme un argument d’autorité parce que j’avoue que je rentre dans un domaine que je ne connais pas mais, il semblerait en tout cas que les salles de spectacles soient plus sûres qu’un train ou certains lieux aujourd’hui ouverts et employés par les usagers. Ça nous a un petit peu fait mal quand on voyait les centres commerciaux bondés alors que nous on était fermés. En plus, on était les premiers, les gens du spectacle, à essayer de respecter tous les gestes. Il faudra des moyens supplémentaires parce que si on doit vivre avec le virus et que l’on doit respecter un certain nombre de gestes barrières, ça demande de l’argent. Si tu dois accompagner le public d’un point A à un point B, il faut mobiliser plus de salariés. Il y a les masques, il y a le gel, il y a moins de public. Sur une date ça paraît minime mais quand tu multiplies à un an, si on veut survivre il va falloir réfléchir à une vraie politique culturelle et à des augmentations de budget. 

Occupation du Théâtre du Nord par les intermittent.e.s du spectacle

Est-ce que tu penses que tous ces problèmes sont uniquement dûs à la crise où ont été révélés par celle-ci ?

Maxime : Il ne faut pas qu’on l’oublie effectivement, avant le Covid on était déjà un certain nombre à se battre pour la retraite, pour l’assurance chômage, parce qu’ils étaient en train de la réformer. Alors, ça ne touchait pas encore nos annexes, ça touchait le régime général mais on ne peut pas dissocier nos annexes avec le régime général. On est un régime et pas un statut, donc c’est une indemnité particulière, on est dans un système de solidarité inter-professionnelle, on ne peut pas dissocier les intermittents des autres salariés ce n’est pas possible. Donc, les inégalités, les problèmes de politique culturelle et un gouvernement libéral qui nous en fait voir de toutes les couleurs ça c’était déjà avant le Covid. C’est sûr que sous le capitalisme exacerbé, comme dans tous les autres secteurs, les difficultés se sont amplifiées fois 10 avec la crise. Avec en plus, pour les militants, cette chose compliquée où pour communiquer avec les gens c’est beaucoup plus difficile. Déjà que nous on est un secteur où on ne travaille pas forcément régulièrement dans la même boîte ce qui fait que c’est pas simple pour s’organiser parce qu’on est déjà un petit peu des électrons libres. Là c’est encore pire. Il y a des petits sursauts parce que les gens se réveillent sur certains moments mais ça reste difficile. 

Et au niveau de ta compagnie, le Théâtre de l’Ordinaire, comment cet impact s’est fait ressentir ? Vous avez dû reporter des projets ?

Maxime : J’ai mal choisi mon timing parce qu’en Mars 2020 on devait faire un projet international de 3 mois. Du coup on l’a reporté. On s’est dit qu’on allait être sage et qu’on allait le reporter à janvier. Nous sommes bientôt en Mars 2021 et je suis toujours là. On a reporté deux fois un projet de 3 mois donc ça fait déjà 6 mois (de travail) qui disparaissent. Et on n’est pas passé entre les mailles du filet, on devait faire un festival en septembre et la préfecture du Pas-de-Calais a refusé. On devait faire une fête associative qui impliquait beaucoup d’amateurs en octobre et ils n’ont pas eu l’autorisation non plus. Il y a un certain nombre d’ateliers qui n’ont pas pu se faire notamment dans les écoles. Nous on travaille beaucoup avec les gens dont ce n’est pas le métier, au contact des habitants, chez les gens…Tout ça, ça a disparu. Donc on bosse beaucoup en visio pour préparer des projets en espérant qu’on pourra reprendre. Économiquement pour l’instant on tient, on a payé tout le monde au chômage partiel quand il fallait, on a demandé les aides nécessaires, donc c’est un peu compliqué mais ça va, mais ça ne durera pas. Là, on mise un peu tous nos espoirs sur le printemps-été. Mais si ça doit encore s’annuler je ne sais pas trop au niveau individuel… C’est quand même la première fois de ma vie que je n’ai pas fait de théâtre pendant 1 an. J’ai fait 2 jours. On m’a demandé de venir répéter à l’Oiseau-Mouche j’ai fait une journée et j’ai fait 4 heures avec des amateurs et le lendemain le projet était annulé…

Tu peux m’en dire plus sur le projet de cet été ?

Maxime : Oui ! Maintenant le Théâtre de l’Ordinaire a un lieu, une grange en milieu rural et pour plein de raisons ce qui est compliqué dans la politique culturelle actuelle c’est que l’on dépend beaucoup des programmateurs et des lieux de diffusion qui ne sont pas toujours faciles d’accès. Avec, quand tu tournes, des dates qui peuvent être très éparpillées, c’est toujours un casse-tête parce qu’on a peu de permanents et faut à chaque fois remobiliser l’équipe, ça demande beaucoup de temps pour 1 ou 2 dates et j’avais envie de sortir de ça. Du coup, on a décidé de jouer à domicile, de faire des longues séries et de faire en sorte que les gens viennent nous voir. La grange sera occupée tout l’été et il y aura des spectacles, des concerts et autres festivités selon ce qu’on aura le droit de faire ou non. On monte deux textes : L’état de siège d’Albert Camus en juillet avec des comédien.ne.s pro et des amateurs. Ça parle d’une ville en pleine pandémie qui se retrouve confinée avec des règles de plus en plus absurdes, et qui tend tout doucement vers une dictature autoritaire. Voilà. Ça peut inspirer sur l’actualité ou pas. Et l’autre c’est On ne paie plus, on ne paie plus ! une pièce de Dario Fo qu’on monte en août. C’est une farce politique ou un vaudeville populaire, je dirais. Parce que le vaudeville c’est le théâtre bourgeois qui se passe souvent dans un salon parisien. Là on retrouve ça mais on est dans une cuisine de prolétaire. C’est l’histoire d’une militante qui galère et qui, contre la montée des prix, décide, avec des camarades, de piller le supermarché. Avec comme questions de fond, qu’est ce qui est légal ? Qui sont les voleurs ? et sur la respectabilité ou pas d’un mouvement social. Je trouvais que ça parlait vachement de ce qu’on a pu vivre avec les gilets jaunes par exemple. Le tout sur fond de comédie. L’idée c’était que les deux pièces soient relativement politiques mais aussi festives parce qu’on a besoin de souffler un peu. 

Entretien réalisé par Louise Lougrada,

La Semaine du Feminisme des Jeunes Communistes du Nord

Chaque année les Jeunes Communistes organisent une semaine du féminisme autour du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, afin de lutter contre le patriarcat.

Fléau accentué par le capitalisme, il nous est inadmissible de lutter contre ce dernier en oubliant la lutte pour les droits des femmes. Ainsi, nous vous proposons cette semaine un podcast par jour sur une femme qui a lutté contre le patriarcat ou un podcast sur l’histoire d’une lutte. Vous aurez également la possibilité d’assister à des conférences/discussions sur différents thèmes, le soir à 19h en Facebook live.

Le programme est disponible ci-dessous ! Bonne semaine

TÉMOIGNAGES – Comment les roubaisien.ne.s vivent la crise ?

Un article des Jeunes Communistes de Roubaix

La crise de la Covid-19 aura impacté, depuis près d’un an, notre mode de vie dans la totalité de ses domaines. Entre confinement stricte, reconfinement soft, couvre-feu…  La situation que nous vivons est inédite. Les mesures prises à la hâtes, en ce qui concerne la jeunesse tout particulièrement, demandent aux personnels de l’éducation, aux éducateurs, mais aussi directement aux jeunes, une adaptation constante pour travailler et échanger. 

Nous, les jeunes communistes de Roubaix, sommes allé.e.s aux contacts des roubaisiens et roubaisiennes qui vivent cette situation en première ligne et dont la voix est trop peu entendue, pourtant si précieuse. 

A travers les témoignages de Laurence Roelens, enseignante, Mahdi Sakri, éducateur spécialisé, Jaïs, lycéen et Ilyes Magri, salarié de la Mission locale, nous avons voulu dévoiler dans cet article l’impact qu’a eu la crise sur les roubaisiens et roubaisiennes. 

Si les étudiant.e.s en Université sont pour une grande majorité en distanciel, les étudiant.e.s en BTS ainsi que les lycéen.e.s ont repris le chemin de leur établissement depuis la rentrée. dernière. À partir d’octobre, à l’annonce du second « confinement », de nouveaux protocoles ont dû être mis en place rapidement. Laurence Roelens, enseignante à Jean Rostand, explique la difficulté des élèves et des professeurs à tenir le cap malgré ces changements permanents. 

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« Il a fallu constamment s’adapter, notamment quand on a des classes chargées. »

LAURENCE ROELENS

Enseignante en lycée et en BTS à Jean Rostand

« Dans un premier temps ça a eu un impact dans la mesure où, notamment pour les élèves, il a fallu se remettre au travail, reprendre les habitudes, remettre un cadre, renouer avec l’école tout simplement. Ça a demandé un travail mais j’ai trouvé que les élèves étaient assez réactifs et avaient véritablement envie de retrouver l’école, les autres.

Dans un second temps, l’accumulation des différents protocoles dans les établissements scolaires a impacté notre façon de travailler : il a fallu constamment s’adapter, notamment quand on a des classes chargées. La volonté, par rapport aux élèves qu’on a à Jean Rostand, c’était de ne pas avoir de distanciel parce que d’abord les élèves n’en ont pas envie et parce que l’on sait très bien que c’est difficile, que toutes les familles ne disposent pas d’ordinateur ou de connexion pour chaque enfant, donc ça creuse la fracture numérique.

La solution, pour les lycéen.ne.s en tout cas, a été de diviser la classe en deux, et de faire en sorte qu’il y ait un groupe en autonomie. De mon point de vue, ça m’a demandé énormément de travail, parce que laisser 2h des élèves de 16 ans, ça nécessitait vraiment de varier les activités pour qu’il n’y ait pas de décrochage. On essaye de leur montrer que ce travail en autonomie a du sens parce qu’ils sont encore à un âge où le sens qu’on met dans l’école n’est pas toujours évident L’idée c’était vraiment de les amener à prendre conscience que ce travail qui a été fait au lycée sera utile à court terme, pour le BAC et à long terme, à redonner un sens à ce qu’ils font. 

J’ai vu une angoisse de la part des élèves d’être reconfinés, d’être de nouveau livrés à eux-mêmes et de ne pas savoir comment ce serait organisé s’il y avait un reconfienement. S’il y en a un, il est indispensable, vital, que les élèves, les étudiant.e.s, les enseignant.e.s, sachent dans quelles conditions et comment seront organisés les cours.

Il y a aussi un impact psychologique dans le sens où il y a un vrai questionnement de la part des élèves sur la valeur du diplôme qu’ils vont obtenir, chez les lycéen.e.s et les étudiant.e.s, ce qui est à mon avis une fausse question et sur laquelle nous enseignant.e.s nous devons absolument rassurer les élèves. On en est tous au même point, dans toutes les écoles de France. Bien sûr, il y a des parties du programme qui ne sont pas faites mais ce ne sont que des connaissances, les connaissances peuvent s’acquérir après, par contre les compétences tant qu’elles sont développées ça permet de s’en sortir. Il n’y a pas de dévalorisation du diplôme à déplorer à mon sens et ça c’est vraiment un message important pour les jeunes.

D’un point de vue général, ce n’est pas le cas uniquement à Roubaix, le protocole mis en place est très variable selon les établissements et nécessairement ça pose la question de l’équité par rapport aux examens. Tous les élèves de France, qu’ils soient lycéen.e.s ou étudiant.e.s, n’ont pas les mêmes conditions de préparation aux examens. 

Dire qu’il y a plus de décrochage à cause de la crise je n’en suis pas certaine, en tout cas à mon niveau. Je pense que les élèves ne décrochent pas plus en raison de la crise. Ils décrochent pour d’autres raisons. Globalement, ils sont très présents et ont envie de revenir dans une société, dans un collectif. 

Pour les enseignant.e.s c’est comme tout le monde, la période est difficile parce qu’il n’y a pas de perspectives, parce qu’on se pose des questions, on se demande quand ça reviendra à la normale. Mais en même temps, on peut se dire que c’est peut-être le moment pour qu’il y ait un nouveau monde qui naisse. »

Si, selon Laurence Roelens, les jeunes n’ont pas particulièrement décrochés à cause de la crise, leur situation est  rarement évoquée. Nous sommes donc allé.e.s à la rencontre de Mahdi Sakri, éducateur spécialisé à l’AEP. Il nous en dit plus sur les difficultés matérielles et sociales rencontrées par ces jeunes et leurs familles. 

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« On savait qu’il y avait ces soucis là, mais ils se sont révélés au grand jour. »

MAHDI SAKRI

Educateur Spécialisé et Coordinateur du dispositif SACE (Service d’accueil des collégiens exclus)

À l’AEP (Association d’Éducation et de Prévention)

« On ressent bien que la crise du Covid a mis en lumière certaines difficultés qui étaient plus ou moins isolées, ou internes aux cellules familiales : la fracture numérique et les problèmes de moyens au niveau des outils informatiques ou de l’apprentissage, ne serait-ce que la maîtrise de Pronote. Il y a une certaine précarité qui s’est révélée davantage et pour d’autres, on voit que la fermeture des activités extra-scolaires, cette absence des clubs de sports, à des dommages collatéraux sur le bien-être des jeunes. Aujourd’hui, par rapport au service que j’encadre, où l’on accueille des collégiens exclus, on sent bien, ne serait-ce que sur les raisons d’exclusion, ou dans leurs propos, qu’il y a un manque à ce niveau-là et que le mal être pèse sur les jeunes ce qui peut expliquer certaines exclusions. 

On s’appuie sur les besoins que l’on observe auprès des familles ou des jeunes qu’on accompagne. Au niveau de mes collègues, je sais qu’il y a une forte demande de colis alimentaires, de demande d’explications pour remplir des papiers administratifs notamment numériques. Il y a un réel apprentissage de l’utilisation des outils numériques qui doit se faire auprès des familles et auprès des jeunes. Il y a eu énormément de demandes sur ces choses-là. 

Il y a, pour certains, un sentiment d’exclusion qui s’amplifie. Un sentiment de mal être, et aussi d’abandon. Les jeunes le verbalisent, nous parlent de cette difficulté de vivre à l’intérieur de chez soi au vu des conditions qu’ils avaient. Vivre dans des appartements de 20m2 à plusieurs, c’est difficile. 

Cette crise a révélé ces choses mais on le savait, même au niveau des médias, on savait qu’il y avait ces soucis-là mais ils se sont révélés au grand jour et pour certains ça s’est accentué. Donc finalement un problème qu’on pouvait, peut-être, essayer de gérer s’est accentué. On reconnaît que la situation s’est dégradée. »

Nous avons, alors, interrogé Jaïs, lycéen, pour lui demander comment lui et ses camarades de classe, vivent la crise. 

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« J’ai un prof qui ne nous a pas donné de nouvelles pendant 2 ou 3 mois parce qu’on l’avait en distanciel. »

JAÏS 

Lycéen en Seconde à Van Der Mersch

« Quelques mois après la rentrée on a été séparé en plusieurs groupes et on a reçu des nouveaux emplois du temps. Ces emplois du temps ont été faits pour qu’on se croise le moins possible. On a aussi moins d’heures de cours, on est en classe entière seulement en cours d’EPS et en cours forcément on garde le masque toute la journée. On doit aussi se placer très spécialement pendant les cours c’est à dire qu’on se place un peu comme sur un damier : on doit être à côté de personne, devant personne et derrière personne. Tout ça depuis le mois d’octobre. On est majoritairement en présentiel mais on a un ou deux cours en distanciel mais je pense que ça sert à rien. J’ai l’impression que personne ne les suit et que même les profs ne nous donnent pas le travail qu’on devrait faire. J’ai un prof qui ne nous a pas donné de nouvelles pendant 2 ou 3 mois parce qu’on l’avait en distanciel.

Depuis qu’on est en demi-groupe, les cours sont plus calmes et le prof peut se concentrer sur certains élèves puisqu’on est moins. C’est plus motivant pour travailler mais du coup, on ne voit plus l’autre moitié de la classe. C’est un peu embêtant parce qu’on avait des amis et tout ça, mais c’est aussi intéressant parce qu’il y aura toujours un groupe en avance sur l’autre, du coup, on peut se prévenir sur quoi réviser et sur quoi porteront les prochains cours.

Je pense que pour l’instant on ne s’inquiète pas beaucoup pour notre avenir parce que, comme je l’ai dit, on est majoritairement en présentiel et je n’ai pas l’impression que ça nous cause plus de problèmes que ça. Je pense que ça impacte plus les étudiants qui eux sont en distanciel. 

Je pense que la crise sanitaire a eu un impact sur la vie sociale de toutes les personnes de mon âge. C’est devenu beaucoup plus difficile de sortir, on doit rentrer avant 18h maintenant, pour le couvre-feu, du coup on doit sortir plus tôt. Il y a beaucoup d’endroits fermés, les cinémas, les restaurants… On doit garder un masque toute la journée selon là où on traîne. Alors, ça ne me choque pas de voir des soirées organisées en cachette, illégalement ou de voir des gens qui ne respectent plus le couvre-feu. Moi-même je ne respecte plus le couvre-feu.

C’est aussi très compliqué pour les sportifs. J’avais repris la boxe en septembre et ma salle a fermé plusieurs fois depuis et elle est fermée actuellement. Normalement, elle devait fermer 15 jours mais ça fait bientôt 1 mois et demi qu’on n’a plus de nouvelles. J’ai aussi beaucoup d’amis qui faisaient du foot, donc en extérieur, mais qui ne peuvent plus en faire du tout. »

La pratique du sport est interdite depuis janvier pour les mineurs et les majeurs. Les écoles et structures de formation, hors université, sont parmi les seuls établissements à pouvoir encore proposer des séances de sport. C’est une mesure que déplore Ilyes Magri, puisqu’elle remet complètement en question son travail. Il accompagne des jeunes déscolarisés entre 16 et 25 ans dans leur vie professionnelle, via la pratique du sport. Face à l’impossibilité de mener ses ateliers, il organise la solidarité à Roubaix. 

« Chez les jeunes, je pense que l’impact de la crise est surtout d’ordre social et psychologique. »
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ILYES MAGRI 

Coach d’insertion par le sport à la Mission Locale de Roubaix et à l’APELS (Agence pour l’éducation par le sport)

Président de l’association sportive Roubaizilian

« Mon travail est vraiment remis en question. Pour le coup, la Mission locale ne peut plus proposer de séances de sport. Je ne peux les faire qu’en extérieur et à Roubaix ce n’est pas idéal. Du coup, j’essaye de trouver des alternatives. À l’association c’est un peu la même chose, il n’y pas de séances de sport. Les créneaux sportifs, la capoeira, prenaient bien, on était en train d’ouvrir le yoga et à chaque fois on avait 70 adhérents environ, des enfants, des adultes… Et ça s’est coupé d’un coup. C’est pour ça qu’on essaye de maintenir le lien social à travers des projets solidaires tels que les maraudes, les clean-up etc. À la base, on avait un créneau « projet » à l’association qui était le jeudi de 18h à 20h. Ce n’est plus possible avec le couvre-feu. Donc maintenant on le fait le samedi de 11h à 13h et là on parle peut-être d’un confinement le week-end (rire). Je fais que m’adapter, c’est hyper-compliqué.

Chez les jeunes, je pense que l’impact de la crise est surtout d’ordre social et psychologique. Il y a des gens, moi le premier, qui pètent les plombs. Rentrer chez soi à 18h c’est relou. Je pense qu’il y a un ras le bol déjà parce que tout le monde a fait des efforts. Et ça casse du lien, on doit se dire bonjour de loin. C’est des choses qui sont en train de rentrer dans les mœurs et qui font vraiment du mal aux gens. Moi ça me fait du mal profondément. Je le remarque aussi chez les jeunes parce que c’est verbalisé, ils le disent qu’ils en peuvent plus. On essaye de faire des séances de sport à l’extérieur le plus souvent possible et j’ai remarqué qu’ils étaient beaucoup plus réceptifs. Dès qu’il y a un projet, plein de gens veulent y participer, pour les maraudes par exemple, alors qu’avant ce n’était pas forcément le cas. Comme les jeunes ont été privés de certaines choses, là ils ont envie de s’inscrire dans plein de projets différents, d’avoir un engagement citoyen. Ça a encore plus de sens aujourd’hui je trouve. Comme il y a plein de gens dans la merde, tu as d’autant plus envie d’être solidaire maintenant. La crise ça touche tout le monde. Il n’y a plus les étudiants d’un côté et les demandeurs d’emploi de l’autre, on est tous dans la même merde. 

Il y a de plus en plus de jeunes qui s’inscrivent à la mission locale dont certains qui s’inscrivent en étant scolarisés. C’est la première fois que je vois ça ! Les problèmes de chômage chez les jeunes se sont accentués par la crise et comme ils sont impactés par ça sans avoir de pouvoir là-dessus, je pense que beaucoup de jeunes essayent de se rattacher à un accompagnement qui peut être proposé par telle ou telle structure. C’est des appels au secours en vrai. En tout cas, sur le chômage et sur la construction d’un parcours ou d’un projet professionnel, c’est compliqué. 

Moi je le vis plutôt bien parce que j’ai l’association à côté, donc j’ai aussi un engagement où c’est moi qui crée les choses. J’aide à insuffler des projets, des envies chez des gens. Ce qui me fait tenir c’est qu’il y a des gens derrière qui attendent des choses. Et aussi parce que ma fonction de travailleur social au sein de la mission locale est différente des conseillers en insertion professionnelle. Je pense qu’eux doivent vraiment très mal le vivre. Les moyens ne sont pas forcément plus donnés malgré la crise. C’est des structures pas adaptées au public, pas adaptées au salariés et avec la crise on a des demandes qui affluent avec des objectifs à très court terme. C’est « non je veux maintenant, tout de suite » alors que tu as déjà plus de 100 bonhommes qui te disent « maintenant, tout de suite » donc tu as des gens qui pètent les plombs. Je pense qu’il n’y a pas assez de moyens financiers, il faudrait créer plus de postes aussi, et c’est cours. Je pense, mais c’est les idées que j’ai, qu’il faut faire table rase de tout ce qu’il y a dans l’agglomération et vraiment essayer de construire des vrais trucs tous ensemble, des structures d’insertion. On va arrêter de se jeter la balle et vraiment faire un truc commun. »

“Faire un truc en commun”.

Quand Macron nous parlait, dès le début de la crise, de la nécessité de construire le “Monde d’après”, les roubaisiens et roubaisiennes savent quel modèle ils souhaitent défendre. 

Sans les classes surchargées, le protocole sanitaire aurait plus rapidement été mis en place. 

Avec des moyens mis dans le sport et l’accompagnement des jeunes, nombre d’entre eux auraient mieux vécu la crise. 

Si le gouvernement prenait des mesures concertées et logiques, dans un sens purement sanitaire, la pandémie aurait été stoppée depuis longtemps. 

Ces témoignages ne sont que le reflet des échecs de la politique libérale et du gouvernement actuel qui la mène.

Preuve que ce n’est qu’ensemble, travailleurs et travailleuses, lycéens et étudiants, que nous construirons un modèle social et économique efficace, solidaire et responsable. 

Emeline Locment, Daniel Duterte, Naomie Roque, Sloane Bouquet, Louise Lougrada, Hugo Maguestiaux, Josué Montois, Pierre Verquin

Sanofi-Mobilisations Indiennes-Le PCF Parti du Cinema

Suppression d’emplois chez Sanofi

Suppression de postes dans le domaine de la recherche médicale en période de pandémie. Contradiction apparente que la logique du profit s’apprête à mettre en place. Le Laboratoire français Sanofi annonce 400 nouvelles suppressions de poste de chercheurs. Depuis 10 ans, c’est 3000 de ces postes qui ont été sacrifié.

Incapable de produire un vaccin, la stratégie du laboratoire français reste la rentabilité à tout prix. Comme le rappelle l’Humanité dans son édition du 19 Janvier, en 2011 le taux de dividendes reversés aux actionnaires est de 24% des bénéfices. Deux ans plus tard, c’était 98% des bénéfices qui étaient reversé aux actionnaires. Le tout en continuant d’externaliser la production dans le seul but de favoriser le profit de quelque ’uns aux dépens de la santé de tous.

La Main mise de la finance sur la production pharmaceutique n’est plus à prouver. Continuons de lutter aux cotés du MJCF et du PCF pour faire de la santé un bien public.

Mobilisations en Inde

Depuis des mois, des dizaines de milliers de paysans indiens se mobilisent contre une réforme de libéralisation des marchés agricoles. Ce Mardi 26 Janvier, jour de fête nationale, le mouvement populaire a été violemment réprimé à New Dehli. Cela faisait deux mois que toutes manifestations leur étaient interdites par le pouvoir en place.

Malgré tout, la mobilisation ne faiblit pas, et de nombreux députés de gauches, principalement membre du Parti communiste de l’Inde apporte leur soutient et affiche leur solidarité avec le mouvement. Rappelons qu’en décembre dernier , Arya Rajendra, 21 ans militante communiste était élu de la capitale du Kerala, ville de 750 000 habitants. 

Le PCF, le Parti du Cinéma

« De tous les arts, le plus important c’est le cinéma » Lenine

Lundi dernier LCP diffusait Le parti du cinéma (Maxime Grember et Pauline Gallinari, 2020). Le documentaire retrace l’histoire du PCF en tant que premier parti à militer par l’image, à utiliser le cinéma comme outil de propagande, de lutte, de conscientisation et de résistance.

Il revient notamment sur le film clé La vie est à nous (Dir. Jean Renoir) tourné en 1936 à la veille de la victoire du Front Populaire, sur la défense du cinéma français contre l’hégémonie culturelle américaine au sortir de la seconde guerre mondiale et sur les luttes du PCF pour l’obtention d’un fond de soutien au cinéma français, réforme importante qui permis le financement du cinéma par des fonds publics.

Les cinéastes du PCF ont été les premiers à réaliser des films anticoloniaux ou, plus tard, à mettre en lumière le quotidien des français les plus précaires.

Un documentaire à revoir en replay sur le site de la chaine : https://lcp.fr/programmes/pc-le-parti-du-cinema-50404

Le 4 février, amplifions la mobilisation dans la rue : nous refusons d’être la génération sacrifiée !

Les jeunes sont fortement affectés par les conséquences de la crise sanitaire.La pandémie et les mesures prises par l’exécutif ont amplifié les phénomènes de paupérisation des jeunes. La précarité est devenue notre quotidien : précarité de nos revenus, précarité face à l’emploi, précarité des études et de nos formations.

Si la situation est aussi critique ce n’est pas à cause de la pandémie mais bien des choix faits par les gouvernements successifs, de sous financement de l’enseignement supérieur et de l’inaction du gouvernement actuel face à la crise. 

Après la réussite du rassemblement devant le siège de l’université du 20 janvier, les étudiant·e·s se sont à nouveau mobilisé·e·s en masse dans la rue le mardi 26 janvier aux côtés des syndicats de l’éducation, pour se faire entendre sur leur situation et dénoncer l’inaction du gouvernement, pour lutter contre le décrochage, contre la précarité étudiante et pour un retour de tout·e·s en présentiel. 

Au lendemain de la mobilisation du 20 janvier qui a rassemblé des milliers d’étudiant·e·s partout en France, Emmanuel Macron et Frédérique Vidal ont été dans l’obligation de faire des annonces concernant la précarité étudiante et le retour en présentiel. A savoir l’extension du ticket RU du CROUS à 1€ à l’ensemble des étudiant·e·s et un retour en présentiel à 20% du temps. 

Ces annonces sont une première victoire, et montrent l’intérêt de se mobiliser mais restent insuffisantes. En effet, concernant les repas à 1€, la moitié des restaurants universitaires sont aujourd’hui fermés et, nombre d’étudiant·e·s ne vivent pas à proximité d’un restaurant universitaire. Concernant le retour en présentiel un jour par semaine, nous ne savons pas comment les universités pourront le mettre en place, aucune directive claire ni de moyens supplémentaires n’ayant été donnés aux universités. La mise en œuvre de cette annonce, qui ne répond pas aux demandes formulées, ne suffit pas pour permettre un véritable encadrement pédagogique et, sans moyens, les établissements mettront cela en place tardivement et difficilement. 

Les annonces et les mesurettes ne suffisent plus, les actions d’ampleur se font attendre.

A Lille, sur le campus de Moulins, a été obtenue l’organisation des cours en présentiel et en distanciel, une semaine sur deux. Lorsque cette modalité n’est pas possible ,les TD auront lieu en co-modal.  Autrement dit, hors confinement, chaque étudiant-e aura la possibilité de suivre l’enseignement comme iel le souhaite !

Il est nécessaire que les autres campus de l’Université de Lille adoptent ce genre de mesures !

L’université doit se donner les moyens de cette réouverture, nous revendiquons :

  • La mise à disposition de masques et de gels hydroalcooliques gratuits pour les étudiant.es.
  • Des dépistages massifs dans tous les centres d’apprentissage et à proximité des lieux d’études
  • La réquisition de salles vides (salles polyvalentes, gymnases) pour pouvoir diviser les classes.
  • Un investissement massif dans l’enseignement supérieur et la recherche afin de permettre un recrutement massif pour assumer la réouverture. 

Cependant, rouvrir ne suffira pas. Il faut accompagner les étudiant-e-s déjà éprouvé-e-s via

  • Une communication claire de l’Université envers les étudiant.es et les enseignant.es, et une prise de position sur les formations sans rattrapages. 
  • La mise en place d’un droit au retour à la formation pour les étudiants et les étudiantes ayant dû mettre fin à leurs études.
  • Un plan de rattrapage du retard universitaire accumulé depuis près d’un an.
  • Un plan d’urgence pour lutter contre la précarité
  • Un recrutement massif de psychologues afin de rattraper le retard de la France sur les normes internationales.

Enfin, nous dénonçons :

  • Le nouveau fonctionnement en Blocs de Connaissances et de Compétences
  • Le projet d’Établissement Public Expérimental, dont nous demandons le retrait.

Nous appelons tous les jeunes et étudiant.e.s à participer à la manifestation à Lille jeudi 4 février à 14h à Porte de Paris, faisons entendre notre voix !

A Raismes, le PCF et les Jeunes Communistes organisent la solidarité.

Par Léo Castelain

Ce Samedi, de 10h à midi s’est tenue une récolte de dons, essentiellement alimentaires, au siège du parti communiste de Raismes. Ceux-ci sont à destination des étudiants précaires, fortement touchés par la crise sanitaire. Les jeunes communistes du valenciennois soutiennent cette initiative, qui se prolongera jusqu’à la fin du mois de janvier.

10h à Raismes. Malgré le froid qui s’installe, les premiers donateurs arrivent. Dans des sacs remplis à ras bord, on y trouve tout le nécessaire. Pour l’essentiel, des boîtes de conserve, du café, des pâtes, des serviettes hygiéniques et de quoi se laver. S’en suit un ballet incessant de gens de tous âges qui viennent participer à l’effort collectif. Certains restent, boivent un café et échangent avec les camarades du parti et les jeunes communistes, qui se montrent reconnaissants. Dans cette atmosphère chaleureuse où règnent le partage et les sourires (qu’on devine sous les masques), la table où sont entreposées les denrées disparaît à vue d’œil, à mesure que les dons affluent. On se croirait en un jour de fête. Pourtant, plus loin, l’atmosphère n’est pas la même.

À l’ombre d’universités vides, à Valenciennes, Lille comme partout en France, des milliers d’étudiants, vivant déjà dans la précarité depuis quelques temps, se retrouvent submergés par la crise sanitaire que traverse le pays. Ces derniers sont privés de lien social depuis des mois, confinés chez eux avec leur écran d’ordinateur, devenu leur seule ouverture sur le monde. Nombreux sont ceux, parmi ces jeunes en formation, à devoir travailler en plus de leurs études pour subvenir à leurs besoins. Seulement, les deux confinements et les couvre-feu successifs imposés par le gouvernement, ont aggravé leur situation déjà inacceptable. Voilà qu’en plus de la souffrance d’être enfermé chez soi, s’ajoute la douleur de ne plus pouvoir se nourrir.

Depuis plusieurs mois maintenant, les jeunes communistes du Nord se mobilisent, avec l’aide d’associations comme le secours populaire ou la Campusserie à Lille, pour apporter leur soutien aux étudiants. Cependant, les actions d’aide comme celle menée ce matin à Raismes ne devraient intervenir qu’en dernier recours. Or, les politiques libérales menées dans notre pays, au service de la Bourgeoisie, font que ces aides deviennent indispensables. Une situation aussi honteuse doit nous servir de levier pour tourner le dos au mépris et relever la tête tous ensemble. Pour faire gagner nos idées. Pour que les étudiants puissent avoir un revenu pour vivre et s’épanouir dans l’apprentissage.

Cette matinée raismoise aura permis de démontrer que même en plein hiver, en plein cœur d’une crise sans précédent du capitalisme, la flamme de la fraternité ne s’éteint pas.

Lille : Nouvelle marche des libertés ce samedi

Après d’extraordinaires mobilisations contre le Loi de Sécurité Globale, la majorité recule. Le passage
de la proposition dans sa forme actuelle est bloquée. L’Article 24 de cette loi liberticide sera réécrit.

Les forces progressistes n’ont pas dit leur dernier mot, pour la liberté, la Loi de Sécurité globale ne doit pas passer !

Communistes, syndicalistes, écolos, gilets jaunes, insoumis, anarchistes… Tous se sont donné rendez-vous ce samedi 16 janvier, à 14h Porte de Paris pour continuer à crier leur indignation face au projet de loi liberticide. On vous explique pourquoi en détail dans cet article :

Le texte de loi de sécurité globale contient 32 articles. L’objectif du 24 est notoire : l’interdiction de filmer les policiers et les gendarmes lors de leurs interventions. Il punit de 45 000 euros et d’un an emprisonnement la diffusion d’image du visage d’un policier.
Cette article 24 est porté en particulier par le député LREM Jean Michel Fauvergue, ancien patron du Raid. Ce qui est visé, c’est d’interdire de filmer et d’informer la population des violences policières.
Cette loi policière consacre l’impunité des forces de l’ordre à faire usage de la force. La bavure devenant une méthode à part entière. Filmer la police dans l’exercice de ses fonctions ou lors d’une interpellation est un droit. C’est le contrôle citoyen sur les affaires publiques. La police ne peut être une milice invisible, agissant en toute impunité et protégée par le droit.
La bavure n’existe plus si elle n’est pas filmée. Pensant ne pas être filmé, les forces de police se sentent toute puissante. Ce fut le cas pour Michel Zecler. Ce producteur de musique a subi un véritable passage à tabac, frappé au visage pendant 15 longues minutes, qu’une caméra de surveillance a pu filmer. Sans cette caméra, l’affaire aurait été classé sans suite. Les policiers arguant qu’ils ont été attaqué et se protégeant les uns les autres. Rappelons que pendant les gilets jaunes, les 227 procédures ouvertes par l’IGPN, police des polices n’ont abouti sur aucune condamnation.

Le LBD et ses munitions sont des armes de catégorie A2. Cette arme est considérée comme arme de guerre. Pendant les gilets jaunes, de novembre 2018 à mars 2019, plus de 13 000 tirs de LBD ont été recensés. Plus de 13 000 fois la police a utilisé des armes de guerres contre la population. Sur l’année 2018 : 20 000 tirs ont été effectué. Des hausses de 203% par rapport à 2017.
L’Etat utilise la force et ce de plus en plus. Par peur de subir des coups, de perdre un œil, certains n’osent plus manifester. La preuve par l’image étant essentielle, cet article renforce le pouvoir de la police et impacte le droit de manifester.

Rappelons que le droit de manifester est inscrit à l’article 20 de la déclaration universelle des droits de l’Homme. Ce droit est inaliénable et supérieur au droit constitutionnel.
Il est illégal pour la police d’empêcher quiconque de filmer une manifestation ou de lui confisquer son matériel.
Par ailleurs selon le droit international, une manifestation n’a pas besoin d’être
autorisée pour être légale. La France est une particularité internationale. La loi française joue sur les mots, une manifestation se doit d’être déclaré en préfecture. Et Darmanin voudrait à présent que les journalistes préviennent les préfets qu’il s’apprête à exercer
leur droit à l’information. Cet article veut empêcher que l’on puisse dévoiler les violences policières. La police est le bras armé de l’Etat, organisation spéciale de répression de la bourgeoisie. Protégée par la loi pour réprimer les travailleurs.

Militants du MJCF lors de la dernière Marche des libertés

Aux cotés du MJCF et du PCF, en soutient aux journalistes, en soutient aux victimes de la brutalité
guerrière de la police, la mobilisation doit continuer.

Rendez-vous ce samedi à 14h Porte de Paris !

Attaquer les droits des polonaises c’est attaquer les droits de toutes

Le jeudi 16 octobre, le tribunal constitutionnel Polonais a rendu un arrêt jugeant inconstitutionnel l’avortement dans le cas d’une « malformation grave et irréversible » du fœtus ou d’une « maladie incurable ou potentiellement mortelle ». En réaction de grandes manifestations sous le mot d’ordre de « Strajk Kobiet », ce qui signifie grève des femmes, ont débuté dans tout le pays. Ces manifestations ont été particulièrement massives dans les grandes villes comme Varsovie (jusqu’à 100 000 manifestants) ou Gdańsk.

 Depuis 1993, l’IVG n’était permise que dans 3 cas : grave malformation du fœtus, grossesse résultant d’un viol ou en cas de risque pour la santé de la femme enceinte. Or, sur les 1100 avortements légaux recensés en Pologne en 2018, 98 % concernaient la malformation du fœtus. Cette nouvelle décision, si elle était entérinée, signifierait l’abolition de fait de tout droit à l’avortement en Pologne.

Cette décision fait suite à la mobilisation des pans réactionnaires de la société polonaise, notamment incarné par les lobbys anti-IVG et par le parti au pouvoir, le PIS (Prawo i Sprawiedliwość, Droit et Justice). Parti de la droite nationaliste au pouvoir depuis 2015. Ce n’est d’ailleurs pas la première tentative d’abolir totalement le droit à l’IVG. En 2016, suite à une pétition de 500 000 signatures demandant la suppression de toute exemption à l’interdiction d’avorter, une loi abrogeant toute exception à l’interdiction d’avorter, était passée en première instance. Mais face à la mobilisation massive des polonaises à travers tout le pays, notamment avec une manifestation ayant réunis plus de 100 000 personnes, le PIS avait fait volte-face et la loi avait été rejeté.

A côté du millier d’avortements légaux, pratiqués chaque année en Pologne, les associations féministes et le planning familial estiment entre 150 000 et 200 000 le nombre d’avortements clandestins pratiqués chaque année. Cela, soit en allant dans des cliniques étrangères pratiquant l’IVG, soit en ayant recours aux pilules abortives souvent sur le marché noir. Bien sûr de telles solutions sont extrêmement coûteuses et bon nombre de femmes n’en n’ont pas les moyens financiers, il leur reste alors les méthodes alternatives, bien souvent extrêmement dangereuses et pouvant laisser des séquelles. Comme l’usage détourné de certains médicaments à haute dose.

Pourtant l’accès à l’IVG n’a pas toujours était aussi restreint en Pologne. Dans les années 80 le nombre d’avortements était d’environ 130 000 par an. En effet, la république populaire de Pologne (1945-1989) garantissait l’accès à l’IVG de manière libre et gratuite depuis 1956, et depuis 1973, des cours d’éducations sexuels étaient dispensés dans les établissements scolaires (remplacés depuis par des cours de « vie de famille » menés par des prêtres).

On comprend donc que ces politiques réactionnaires contre les femmes, sont indissociables de la contre-révolution capitaliste que connaît le pays depuis plus de 30 ans. La destruction économique qu’à connu le pays, la liquidation des protections sociales garanti par la république populaire, la désorganisation du pays et le passage forcé au capitaliste ont plongés une grande partie des Polonais dans la misère. L’incapacité des différents partis à améliorer réellement le sort de la population a permis au PIS de s’imposer. Cela, en alliant une politique nationaliste et ultra conservatrice à des mesures sociales de surface, très limitées, mais plus favorables que ce que proposent les libéraux du PO (Platforma Obywatelska, plateforme civique).

Cette contre-révolution capitaliste, qui avait été notamment porté par le syndicat Solidarnosc (qui soutient officieusement l’actuel gouvernement PIS) a également ouvert la voie à un retour de la domination de l’Eglise catholique en Pologne. Bien que l’influence de l’Église ait toujours était réelle, la démocratie populaire avait le mérite de contenir ses velléités réactionnaires.

Face à cette régression dramatique des droits des femmes, bon nombre d’entre elles ont compris que seule une mobilisation massive pourrait, comme en 2016, contraindre le gouvernement à intervenir contre la décision du tribunal. De plus, l’ampleur des manifestations, ainsi que la gestion catastrophique de la crise du COVID par le gouvernement, pourraient transformer ces manifestations pour le droit à l’avortement, en manifestation remettant en cause toute la politique gouvernement PIS. À charge pour les organisations progressistes de s’appuyer sur ce mouvement spontané pour défendre la nécessité de bâtir un mouvement populaire majoritaire. Car sans la construction d’un tel mouvement, capable d’articuler les exigences démocratiques et sociales des travailleurs et travailleuses de Pologne, le pays sera incapable de retrouver le chemin du progrès, et l’Église Catholique ainsi que la droite nationaliste continueront de régner en maître.

Yacine

Pierre Verquin : « Pour notre santé : on contre-attaque, Et on gagne ! »

Edito de Pierre Verquin, secrétaire fédéral des jeunes communistes du Nord en réaction à l’adoption du forfait de 18€ pour les passages aux urgences non suivis d’une hospitalisation.

La honte a été votée cette nuit !

Le fameux forfait de 18€ pour chaque passage aux urgences non suivi d’une hospitalisation a été adopté cette nuit à l’assemblée nationale et rentrera en vigueur en septembre prochain. 

Une loi de finance qui, en plus d’être inhumaine, va à l’encontre du bon sens 

Personne ne s’étonne plus de la volonté du gouvernement de pénaliser toujours les plus précaires. Cependant, en pleine pandémie, cette loi tend vers le ridicule. Comment pouvons nous demander à tout le monde de se déclarer lorsque le moindre symptôme apparaît si l’on punit celles et ceux qui se trompent ?
La pandémie a de beaux jours devant elle, les inégalités aussi.

Aujourd’hui le ticket modérateur est un reste à charge de 30% sur nos soins. 
Autrement dit, 30% que la sécu ne prend pas en charge mais que nous devons payer de notre poche, généralement grâce une assurance privée. 

La majorité a voté cette nuit la suppression de ce ticket modérateur et la fixation les prix non-plus au pourcentage mais par décrets. 

Ainsi, nous devrons payer 18€ à chaque passage aux urgences qui ne sera pas suivi d’une hospitalisation. 

De plus, si les personnes à pathologies graves, les femmes enceintes, les militaires…etc ont actuellement les soins remboursés à 100% par la sécu, cela ne sera plus le cas. 

On nage dans la honte. 

Face à cela : L’appel des 1000 jeunes du Nord.

Nous, jeunes communistes du Nord, demandons l’abandon du ticket modérateur pour une prise en charge à 100% (au lieu de 70%) des soins ! La Sécurité Sociale est notre bien commun, elle doit se renforcer, pas être mis en coopération avec des assureurs privés !

Nous le clamons haut et fort : notre santé n’est pas une marchandise ! Nos hôpitaux n’ont pas vocation à faire de l’argent, et la sécurité sociale non plus. 

Dans cette logique, l’appel, que nous faisons signer depuis le début de la semaine et qui remporte déjà un franc succès, revendique aussi : 

• Des masques prix en charge à 100% par la sécurité sociale puisqu’ils sont des soins obligatoires. 

• Le pré-recrutement massif d’étudiant.e.s en santé par la fonction publique. 

• Un plan de création de 100 000 emplois et de titularisation de tou·te·s les contractuel·le·s dans les hôpitaux.

L’épidémie prouve bien ce que nous revendiquons depuis des années : nous manquons de soignants. Il est plus que de temps de penser à renforcer notre service national de santé à long terme par l’embauche et la formation ! 

Pour financer tout cela nous exigeons : 

• La suppression immédiate des exonérations de cotisations sociales pour les grandes entreprises (de manière progressive pour les PME).

•  La gestion du budget des caisses de sécurité sociale, par des assemblées élues d’usagers et de professionnel.le.s de la santé.

L’argent existe, il suffit d’aller le chercher et notre santé à tous et toute en vaut le coup !

Cette campagne ne fait que commencer. Les 1000 signataires à l’Appel seront vite atteints, nous continuerons à aller chercher les voix des jeunes une par une, sur tout le territoire. Nous avons le droit de nous prononcer sur notre santé, nous avons le droit de décider de notre avenir et de nous opposer à ce qu’une poignée de bourgeois en fait. 

A nous maintenant d’amplifier la mobilisation !

La Sécurité Sociale est une conquête du PCF et de la CGT, ils ne la tueront pas !

Si tu veux te joindre à nous, si tu considères que ces revendications sont justes, si tu veux défendre un modèle de sécurité sociale efficace : viens signer l’appel, adhère au mouvement et partage ces revendications partout autour de toi ! 
https://www.jeunes-communistes.fr/

Pierre Verquin, secrétaire fédéral des Jeunes Communistes du Nord

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