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Pierre Verquin : « Relançons la bataille de la production artistique ! »

Depuis un siècle d’existence, les communistes ont largement contribué à la création artistique et culturelle française. 

D’Aragon à Balasko, en passant par Prévert, Eluard, Renoir ou Montand, les artistes majeurs du 20ème siècle ont participé, en parallèle de leur engagement artistique, au développement du PCF et aux revendications du mouvement ouvrier. 

Et il est nécessaire de rappeler ici la notion de « parallèle ». 

Certes, la propagande nécessaire du Parti, et cela dès sa création en 1921, a été marquée par une imagination et une innovation débordante de ses acteurs. 

Le temps des cerises, La vie est à nous, par exemple, sont des chefs-d’œuvre ouvertement partisans et qui n’ont jamais eu d’autres prétentions que d’être révolutionnaires.

Extrait de La vie est à nous, Jean Renoir, 1936

Et si Lénine disait que « de tous les arts, le cinéma est le plus important », les 6 autres n’ont pas pour autant été mis de côté.

La production littéraire ou poétique au service de la lutte, notamment lors de l’Occupation puis de la Libération aura été prolifique. Difficile d’oublier des poèmes comme “Ce cœur qui haïssait la guerre” de Robert Desnos, fervent soutien du Parti Communiste et membre de son organe de Résistance d’alors, “Le Front National”.

Quand Picasso dessinait dans l’Humanité, Cocteau rédigeait régulièrement dans Lettres françaises, hebdomadaire du PCF.

Jusque dans l’architecture de son siège, le Colonel Fabien, le Parti Communiste a mobilisé les esprits des plus grands artistes de son temps ! 

Mais il n’est pas nécessaire, l’Histoire nous l’apprend, de politiser l’art plus qu’il ne l’est déjà par essence, pour mener la lutte des classes. 

Être communiste incombe deux devoirs principaux : 

D’abord, penser à l’intégralité de la Révolution, autrement dit du changement majeur de système économique, politique et social que nous comptons opérer et, par conséquent, deuxièmement, de connaître au mieux les aspirations de l’ensemble de notre classe*. 

Ainsi, créer la Culture, si l’on ne veut la créer pour servir directement le Parti, c’est la créer pour le prolétariat*.

La bourgeoisie entend faire de la culture pour le peuple un cirque “dépolitisé” comptant sur le temps de cerveau disponible pour abreuver chacun du maximum d’informations n’amenant pas la moindre réflexion ou revendication. 

Le pauvre doit se nourrir d’idioties parce qu’il n’est pas capable de réfléchir, de lire, de penser. 

Et la sape engendrée dans l’éducation depuis quelques années, supprimant progressivement les langues mortes puis réduisant le temps de cours par exemple, aide à ce constat.
Il n’est pas nécessaire voire dangereux, pour la bourgeoisie, que les masses soient capables de réflexions et de revendications. Un travailleur est fait pour travailler (ou être au chômage selon la conjoncture), pas pour imaginer la société dans laquelle il veut vivre. 

Donner les outils à tous et toutes pour comprendre le monde, pour y réfléchir, voilà l’objectif premier de la bataille que nous devons relancer pour la culture. 

Partout, des jeunes talents issus des classes populaires se lancent corps et âme dans la création et la production audiovisuelle, dans le théâtre, l’acting, le rap, le chant, la composition, la musique et subissent une difficulté énorme à se développer. L’affaiblissement du PCF n’y est pas pour rien : 

Les mairies communistes, par leur politique culturelle avant-gardiste et gratuite, ont aidé les enfants de leurs communes à s’investir dans l’art et à s’y installer : La Fouine, Jamel Debbouze, Issa Doumbia, Amel Bent… des symboles de la réussite du communisme municipal. 

La jeunesse est aujourd’hui confrontée à un plafond de verre qui, par mépris souvent, la rejette hors de la scène. Si les textes profondément misogynes de Brel résonnent comme une belle poésie, un propos mal placé par un jeune de banlieue parisienne est une insulte à la République. 

Face à cette conception élitiste du monde de l’art, lançons l’offensive pour rendre, enfin, la nôtre majoritaire ! 

L’art de propagande

Comme l’a prouvée une génération entière de créateurs (et comme l’expérimente encore la bourgeoisie, principalement américaine) la propagande pure au service d’une idée est indispensable pour la faire gagner. Nos lignes révolutionnaires de liberté, de mise en commun des savoirs et des richesses, d’égalité et d’équité ont besoin d’être portées, et sans artifices.

Marx disait qu’ ”une idée devient une force lorsqu’elle s’empare des masses”. Donnons lui raison et rendons au PCF sa force. 

L’art pour le prolétariat

Il est de la responsabilité de chaque communiste ayant les moyens de créer, de le faire en gardant en tête que la vulgarisation de l’art n’est pas révolutionnaire. 

Faire de l’art pour le prolétariat ça n’est pas faire de l’art “pour les pauvres” comme l’entend la bourgeoisie. Hors de question de considérer que la barre doit être basse, de limiter les possibilités d’interprétation, de décomplexifier son œuvre afin de se mettre à un certain “niveau” intellectuel dans lequel le prolétariat devrait rester.

La philosophie, la poésie, l’introspection, n’est pas une affaire de riches. Quand le camarade Jean Ferrat chante l’amour, il le chante pour tous. Quand Tarkovski réalise pour le peuple soviétique il ne cherche pas à vulgariser ou rendre plus comique son propos mais à faire ressentir à chaque ouvrier et chaque ouvrière un large sentiment d’identification et à amener chacun et chacune à la réflexion personnelle. 

L’art par le prolétariat

Enfin, l’art pour le pour le prolétariat signifie aussi qu’il doit être principalement créé par ce dernier. Bien sûr, des bourgeois peuvent de temps à autre se mettre à produire dans un esprit de solidarité et vouloir changer la donne, c’est même assez fréquent (autant que le côté moralisateur qui accompagne souvent leurs œuvres).

Je m’adresse ici aux prolétaires, aux communistes artistes. N’oublions pas la solidarité de classe !  

Sans jamais faire la charité, organisons-nous, entre créateurs et créatrices prolétaires au sein du PCF et du MJCF ou dans des associations populaires. Le principal domaine dans lequel il est possible, sous le libéralisme, de facilement mettre en commun les moyens de production est l’art : mettons le paquet en collectivisant des caméras, des micros. 

Fresque commandée à Dugudus par la mairie de Montreuil

Youtube et de nombreuses autres plateformes permettent aujourd’hui à nombre de jeunes d’exposer leur travail. Soyons-y présent ou soutenons. Nous ne devons laisser aucun espace aux mains des capitalistes mais s’insérer intelligemment dans toutes les brèches laissées béantes. 

Les murs de nos locaux sont souvent bien trop tristes : permettons à des jeunes artistes d’y peindre leurs œuvres en les rémunérant à la hauteur de leur travail. Les organisations communistes ne doivent pas non plus hésiter à dépenser pour la culture, à donner l’argent nécessaire à la création. 

Les exemples d’initiatives ne manquent pas. 

Produisons, aidons à produire, participons au renversement de l’art bourgeois et de ses concepts rentables et pantouflards pour amener un réel changement de société. 

Mener la bataille pour une production artistique prolétaire c’est mener la bataille de l’espoir !

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*Par “notre classe” j’entend Prolétariat, autrement dit, le peuple travailleur qui doit s’organiser face à la bourgeoisie, dont il n’a pas besoin pour progresser, et mettre en commun les moyens de productions et les savoirs afin de faire évoluer l’Homme sans recherche de profits financiers.

Pierre Verquin, secrétaire fédéral des Jeunes Communistes du Nord

Kshama SAWANT / MAcron-Privatisation / Chine VS. ALIbaba

Kshama Sawant et la nécessité d’un parti ouvrier américain de masse.

Dans leur édition du 14 Janvier, les journalistes de l’Humanité sont partis à la rencontre de Kshama Sawant, conseillère municipale socialiste de Seattle, membre de Socialist Alternative. Kshama milite pour la création d’un parti ouvrier qui se distingue du parti démocrate.

Dans cet interview, elle affirme son soulagement face à la défaite de Trump et de son régime réactionnaire. Cependant elle souligne la chose suivante : « Biden n’a pratiquement rien offert à la classe ouvrière ».  Malgré la catastrophique gestion américaine de la pandémie, Biden se refuse à mettre un système social d’assurance maladie et se prononce en défaveur d’une véritable hausse des impôts pour les plus riches.

Soutient de Bernie Sanders, dans sa ville de Seattle, Kshama Sawant, et son mouvement ont remporté de nombreuses victoires, en tête un salaire horaire minimum à 15 dollars, mesure inédite aux Etats-Unis. Cependant elle réaffirme qu’il est urgent de militer pour la création d’un véritable parti des travailleurs plutôt que de négocier avec l’establisment, qu’il soit démocrate ou républicain.

Avec Macron : Privatisation de la gestion du Covid-19

La pensée Néolibérale profite de la crise pour privatiser et amasser du profit. Comme l’a révélé le Canard Enchainé, le gouvernement a fait appel à un cabinet de conseil privé américain pour l’aider à mettre en place la logistique de vaccination.

Notre démocratie, qui en 1947, grâce aux communistes, socialise la santé et la reconnait comme bien public, renie son héritage et s’abaisse devant les intérêts privés. On ne connait l’ampleur du cout d’une telle opération. Toujours est il que de l’argent publique est utilisé, en toute opacité, pour le compte d’une entreprise privé.

La Chine face aux Géants du Net

Alors que L’Europe pinaille à réguler les GAFA, face à Alibaba, la Chine pense à la nationalisation. Déjà condamné en 2020 au titre des lois anti-monopole, Alibaba récidive dans la dérive monopolistique. Une enquête approfondie est lancée par la cour populaire suprême chinoise pour mettre fin à ses dérives au plus vite.

Cette volonté s’inscrit dans une démarche plus large. Xi Jinping ordonnait en septembre d’ « Unifier les membres du secteur privé autour du parti ». L’objectif est de réaffirmer le rôle du PCC au cœur de l’économie du pays, économie régulée par l’Etat qui permet à la Chine d’être le seul pays a croissance économique positif en 2020.

Université de lille : La mobilisation commence ce mercredi 20 Janvier

Examens et cours. Étudiant·e·s oublié·e·s, mobilisé·e·s pour leur avenir !

Depuis le début de la crise sanitaire et le premier confinement, les universités sont fermées et une grande majorité des enseignements sont dispensés par visioconférence. Depuis novembre, la situation est plus qu’alarmante. En effet, un rapport de Santé Publique France déclare qu’au 23 novembre 37,3 % des étudiant-e-s de plus de 18 ans se déclarent en dépression,  50 % s’inquiètent de leur état de santé mentale et avant les examens, on estime que plus d’un étudiant sur 6 avait déjà suspendu son année universitaire.

Récemment, avec la tenue des examens sont apparues de nouvelles difficultés. Sur l’Université de Lille, elles prennent la forme d’une neutralisation des UE PE annoncée en semaine 12, des conditions de passage des examens en présentiel catastrophiques et une absence de cap présenté par la direction de l’Université concernant le déroulement du second semestre.

Le gouvernement avait annoncé une potentielle réouverture des facs le 20 janvier, or rien n’est réellement mis en place et les annonces faites ce 14 janvier viennent le confirmer. Si nous pouvons nous réjouir d’une réouverture partielle des TD pour les L1 en demi-groupe, celle-ci est clairement insuffisante.

La précarité étudiante, dénoncée depuis longtemps, n’a fait qu’augmenter pendant les différents confinements, beaucoup d’étudiant.e.s ont perdu leur emploi. La détresse psychologique s’accroît; plusieurs tentatives de suicide ont eu lieu chez les étudiant.e.s dans les dernières semaines. Cette situation et ce mépris du gouvernement ne peuvent plus durer!

Face à cette situation, il est plus qu’urgent de permettre un retour dans les universités en présentiel dans le respect d’un protocole sanitaire strict. 

L’université doit se donner les moyens de cette réouverture, nous revendiquons :

  • La mise à disposition de masques et de gels hydroalcooliques gratuits pour les étudiant.es.
  • Des dépistages massifs dans tous les centres d’apprentissage et à proximité des lieux d’études
  • La réquisition de salles vides (salles polyvalentes, gymnases) pour pouvoir diviser les classes.
  • Un investissement massif dans l’enseignement supérieur et la recherche afin de permettre un recrutement  de personnels administratifs, de psychologues et d’enseignant.e.s et d’avantages de titularisations de contractuel·le·s.

Cependant, rouvrir ne suffira pas. Il faut accompagner les étudiant-e-s déjà éprouvé-e-s via : 

  • Une solution autre que le rattrapage en seconde session pour les étudiant.es n’ayant pas pu passer leurs partiels.
  • Une communication claire de l’Université envers les étudiant.es et les enseignant.es, et une prise de position sur les formations sans rattrapages. 
  • La mise en place d’un droit au retour à la formation pour les étudiants et les étudiantes ayant dû mettre fin à leurs études.
  • Un plan de rattrapage du retard universitaire accumulé depuis près d’un an.

Enfin, nous dénonçons :

  • Le nouveau fonctionnement en Blocs de Connaissances et de Compétences
  • Le projet d’Établissement Public Expérimental, dont nous demandons le retrait.

Pour exiger cette réouverture des universités, un protocole sanitaire strict et un investissement massif, nous devons nous mobiliser !

Rendez-vous mercredi 20 janvier à 14h30 devant le siège de l’Université pour se faire entendre et le 26 janvier en manifestation !

Lancement de l’Offensive

Le lancement effectif de l’Offensive témoigne de la volonté de fer des Jeunes Communistes du Nord de continuer à construire leur fédération au plus près de la réalité du terrain tout en sachant s’adapter, sur les réseaux sociaux, aux nouvelles formes de communication. 

L’Offensive sera un média en ligne qui publiera un article par semaine écrit par des militants et militantes de tout le département. 

Chacun, chacune, de Valencienne à Dunkerque en passant par Lille et Roubaix, sait apporter à la fédération ses analyses, ses idées, ses connaissances quant à ses lieux de militantisme. 

Si le rôle du jeune communiste est d’apprendre toujours et de faire connaître ensuite, tenir un journal, écrire régulièrement, partager ses savoirs et ses points de vue est sans nul doute le devoir indispensable de chaque jeune organisé au sein du MJCF. 

Ce média se fera aussi relais des luttes du département, porte voix de la jeunesse qui bouge et s’organise.

Un étendard, à l’image du MJCF, pour toutes celles et ceux dont la voix est trop souvent ignorée.