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ALERTE EPE, L’UNIVERSITÉ PUBLIQUE EN DANGER

Depuis plusieurs semaines, des étudiant.es, des enseignant.es et des membres du personnel de l’Université de Lille se mobilisent contre un projet d’EPE prévu pour 2022.

Aux sources de l’EPE, une libéralisation de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche qui court depuis des années.

L’Etablissement Public Expérimental est un projet de regroupement puis de fusion de l’Université de Lille et de grandes écoles lilloises telles que l’ESJ et ENSAIT, prévu pour 2022. 

ll faut tout d’abord comprendre que le projet d’EPE s’inscrit dans la continuité de la privatisation et de la casse que connaît notre Université depuis des années.

Sous couvert d’autonomie, nos campus subissent des restrictions budgétaires qui les forcent à recourir à des financements extérieurs, sous forme d’appels à projets notamment. Ces recours à des financements privés obligent l’Université à rechercher des labels afin de se hisser dans les classements internationaux.

C’est cette compétition absurde ,qui pousse l’université de Lille à chercher la fusion avec d’autres établissements d’enseignement supérieur. L’EPE est donc un moyen pour l’Université de s’afficher comme “compétitive”. C’est cette même logique de recherche de financements privés qui a poussé les 3 universités lilloises à fusionner il y a 3 ans afin d’obtenir un label I-Site qui devait permettre d’obtenir plus de financements. 

Si le bilan de cette fusion n’est pas complet les premières conséquences sont catastrophiques : gel du recrutement de professeurs, mises sous pression des personnels liées aux restructurations, destructions des services de proximité accessibles aux étudiant.es et disparition de locaux accessibles pour faire cours. 

Loin des préoccupations des étudiant.es et du personnel, qui revendiquent pourtant en ces temps de crise sanitaire des conditions d’études et de travail viables, voilà que se dessine un énième rapprochement…

Le danger d’une dégradation de nos conditions d’études et de travail

L’EPE, c’est la suppression de la personnalité morale et juridique de l’Université, c’est-à-dire de ses prérogatives en matière de gestion du budget, de masse salariale, de diplômes, et de droits d’inscriptions. Ainsi, en intégrant l’EPE et en supprimant l’échelon supérieur de l’Université de Lille, les composantes gagneront en autonomie et se retrouveront au même niveau que les écoles. 

Elles subiront ainsi de plein fouet une concurrence déloyale de ces dernières, qui, parce qu’elles délivrent des diplômes plus prestigieux et plus coûteux pour les étudiant.es, se verront allouer plus de budgets. 

L’EPE, c’est moins de moyens pour des composantes qui risquent de disparaître au profit des filières plus “prestigieuses” et “rentables”. 

Le danger est réel : en sont témoins les étudiants en master MEEF de Valenciennes dont la filière est menacée de suppression car jugés trop peu « rentables ». 

Cette exigence de rentabilité n’a pas lieu d’être : l’enseignement supérieur et la recherche ne sont pas des coûts. 

Ils occupent une place nécessaire dans la production et dans le développement de la société, autant par le haut niveau de formation scientifique qu’ils délivrent aux étudiant.es, que par la recherche qui permet à la fois un développement technique et social et une plus grande compréhension du monde. 

Comme tout secteur productif, l’enseignement supérieur et la recherche nécessitent un investissement et son caractère essentiel exige que celui-ci soit public, pour répondre à des critères d’efficacité et non pas de profitabilité !

Une démocratie universitaire toujours plus bafouée

L’EPE représente aussi un recul de la démocratie universitaire, tant dans sa mise en place que dans son projet. 

Le désinvestissement de l’Etat dans l’Enseignement Supérieur et de la Recherche offre une opportunité rêvée d’investissement aux acteurs privés qui seront sur-représentés au conseil d’administration de l’EPE. La proportion au CA des représentant.es extérieur.es à l’université passera ainsi de 22% à 32% avec l’EPE, au détriment du personnel et des étudiant.es, déjà très peu représentés depuis la fusion. 

Summum de la honte : au contraire de l’Université, les écoles vont garder leur personnalité morale et juridique pendant toute la période d’expérimentation, leur permettant de quitter le projet si elles le souhaitent.  

Elles conserveront ainsi une autonomie de gestion que l’Université aura perdu. Cela signifie qu’elles pourront bénéficier des avantages offerts par l’Université (salles, équipements, possibilité d’émarger à la CVEC) sans aucune contrepartie. 

Enfin, les écoles seront avantagées dans le rapport des voix au sein des conseils d’administrations, puisqu’elles auront une voix permanente au CA, ce qui n’est pas le cas des doyens de composantes de l’Université, même lorsque l’une seule d’entre elles compte autant d’étudiant.es que l’intégralité des écoles lilloises. 

L’EPE attaque la démocratie universitaire jusque dans sa phase de préparation. Alors même que certains conseils de facultés (Humanités, Droit)  refusent le projet, et que l’absence de débat au sein de l’équipe présidentielle a provoqué la démission de trois vice-présidentes, la direction de l’Université refuse aux étudiant.es et au personnel l’organisation d’une consultation. 

Alors, que faire ?

Un collectif de personnel et d’enseignant.es a lancé avec des étudiant.es mobilisé.es deux référendums afin de faire entendre l’opposition massive de la communauté universitaire à l’EPE. 

Étudiant.es, administratifs et enseignant.es, tous et toutes doivent pouvoir exprimer leur opposition à ce projet. C’est collectivement qu’il nous revient de faire entendre notre voix. 

Pour ce faire, il suffit de suivre l’un de ces liens et de vous y inscrire selon que vous soyez étudiant.e ou personnel, en utilisant l’adresse universitaire appropriée.

Si tu es étudiante.es → SURVEY: Referendum EPE Etudiant (ouvaton.org) 

Si tu es membre du personnel → SURVEY: Referendum EPE U Lille (ouvaton.org)

Ici le lien du collectif du Personnel et enseignant.es mobilisé.es contre l’EPE pour plus de détails : start [Personnels de l’université de Lille en lutte] (frama.wiki)

Un mail vous permettant d’exprimer votre avis sur l’EPE sera envoyé à l’adresse universitaire renseignée.

TÉMOIGNAGES – Comment les roubaisien.ne.s vivent la crise ?

Un article des Jeunes Communistes de Roubaix

La crise de la Covid-19 aura impacté, depuis près d’un an, notre mode de vie dans la totalité de ses domaines. Entre confinement stricte, reconfinement soft, couvre-feu…  La situation que nous vivons est inédite. Les mesures prises à la hâtes, en ce qui concerne la jeunesse tout particulièrement, demandent aux personnels de l’éducation, aux éducateurs, mais aussi directement aux jeunes, une adaptation constante pour travailler et échanger. 

Nous, les jeunes communistes de Roubaix, sommes allé.e.s aux contacts des roubaisiens et roubaisiennes qui vivent cette situation en première ligne et dont la voix est trop peu entendue, pourtant si précieuse. 

A travers les témoignages de Laurence Roelens, enseignante, Mahdi Sakri, éducateur spécialisé, Jaïs, lycéen et Ilyes Magri, salarié de la Mission locale, nous avons voulu dévoiler dans cet article l’impact qu’a eu la crise sur les roubaisiens et roubaisiennes. 

Si les étudiant.e.s en Université sont pour une grande majorité en distanciel, les étudiant.e.s en BTS ainsi que les lycéen.e.s ont repris le chemin de leur établissement depuis la rentrée. dernière. À partir d’octobre, à l’annonce du second « confinement », de nouveaux protocoles ont dû être mis en place rapidement. Laurence Roelens, enseignante à Jean Rostand, explique la difficulté des élèves et des professeurs à tenir le cap malgré ces changements permanents. 

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« Il a fallu constamment s’adapter, notamment quand on a des classes chargées. »

LAURENCE ROELENS

Enseignante en lycée et en BTS à Jean Rostand

« Dans un premier temps ça a eu un impact dans la mesure où, notamment pour les élèves, il a fallu se remettre au travail, reprendre les habitudes, remettre un cadre, renouer avec l’école tout simplement. Ça a demandé un travail mais j’ai trouvé que les élèves étaient assez réactifs et avaient véritablement envie de retrouver l’école, les autres.

Dans un second temps, l’accumulation des différents protocoles dans les établissements scolaires a impacté notre façon de travailler : il a fallu constamment s’adapter, notamment quand on a des classes chargées. La volonté, par rapport aux élèves qu’on a à Jean Rostand, c’était de ne pas avoir de distanciel parce que d’abord les élèves n’en ont pas envie et parce que l’on sait très bien que c’est difficile, que toutes les familles ne disposent pas d’ordinateur ou de connexion pour chaque enfant, donc ça creuse la fracture numérique.

La solution, pour les lycéen.ne.s en tout cas, a été de diviser la classe en deux, et de faire en sorte qu’il y ait un groupe en autonomie. De mon point de vue, ça m’a demandé énormément de travail, parce que laisser 2h des élèves de 16 ans, ça nécessitait vraiment de varier les activités pour qu’il n’y ait pas de décrochage. On essaye de leur montrer que ce travail en autonomie a du sens parce qu’ils sont encore à un âge où le sens qu’on met dans l’école n’est pas toujours évident L’idée c’était vraiment de les amener à prendre conscience que ce travail qui a été fait au lycée sera utile à court terme, pour le BAC et à long terme, à redonner un sens à ce qu’ils font. 

J’ai vu une angoisse de la part des élèves d’être reconfinés, d’être de nouveau livrés à eux-mêmes et de ne pas savoir comment ce serait organisé s’il y avait un reconfienement. S’il y en a un, il est indispensable, vital, que les élèves, les étudiant.e.s, les enseignant.e.s, sachent dans quelles conditions et comment seront organisés les cours.

Il y a aussi un impact psychologique dans le sens où il y a un vrai questionnement de la part des élèves sur la valeur du diplôme qu’ils vont obtenir, chez les lycéen.e.s et les étudiant.e.s, ce qui est à mon avis une fausse question et sur laquelle nous enseignant.e.s nous devons absolument rassurer les élèves. On en est tous au même point, dans toutes les écoles de France. Bien sûr, il y a des parties du programme qui ne sont pas faites mais ce ne sont que des connaissances, les connaissances peuvent s’acquérir après, par contre les compétences tant qu’elles sont développées ça permet de s’en sortir. Il n’y a pas de dévalorisation du diplôme à déplorer à mon sens et ça c’est vraiment un message important pour les jeunes.

D’un point de vue général, ce n’est pas le cas uniquement à Roubaix, le protocole mis en place est très variable selon les établissements et nécessairement ça pose la question de l’équité par rapport aux examens. Tous les élèves de France, qu’ils soient lycéen.e.s ou étudiant.e.s, n’ont pas les mêmes conditions de préparation aux examens. 

Dire qu’il y a plus de décrochage à cause de la crise je n’en suis pas certaine, en tout cas à mon niveau. Je pense que les élèves ne décrochent pas plus en raison de la crise. Ils décrochent pour d’autres raisons. Globalement, ils sont très présents et ont envie de revenir dans une société, dans un collectif. 

Pour les enseignant.e.s c’est comme tout le monde, la période est difficile parce qu’il n’y a pas de perspectives, parce qu’on se pose des questions, on se demande quand ça reviendra à la normale. Mais en même temps, on peut se dire que c’est peut-être le moment pour qu’il y ait un nouveau monde qui naisse. »

Si, selon Laurence Roelens, les jeunes n’ont pas particulièrement décrochés à cause de la crise, leur situation est  rarement évoquée. Nous sommes donc allé.e.s à la rencontre de Mahdi Sakri, éducateur spécialisé à l’AEP. Il nous en dit plus sur les difficultés matérielles et sociales rencontrées par ces jeunes et leurs familles. 

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« On savait qu’il y avait ces soucis là, mais ils se sont révélés au grand jour. »

MAHDI SAKRI

Educateur Spécialisé et Coordinateur du dispositif SACE (Service d’accueil des collégiens exclus)

À l’AEP (Association d’Éducation et de Prévention)

« On ressent bien que la crise du Covid a mis en lumière certaines difficultés qui étaient plus ou moins isolées, ou internes aux cellules familiales : la fracture numérique et les problèmes de moyens au niveau des outils informatiques ou de l’apprentissage, ne serait-ce que la maîtrise de Pronote. Il y a une certaine précarité qui s’est révélée davantage et pour d’autres, on voit que la fermeture des activités extra-scolaires, cette absence des clubs de sports, à des dommages collatéraux sur le bien-être des jeunes. Aujourd’hui, par rapport au service que j’encadre, où l’on accueille des collégiens exclus, on sent bien, ne serait-ce que sur les raisons d’exclusion, ou dans leurs propos, qu’il y a un manque à ce niveau-là et que le mal être pèse sur les jeunes ce qui peut expliquer certaines exclusions. 

On s’appuie sur les besoins que l’on observe auprès des familles ou des jeunes qu’on accompagne. Au niveau de mes collègues, je sais qu’il y a une forte demande de colis alimentaires, de demande d’explications pour remplir des papiers administratifs notamment numériques. Il y a un réel apprentissage de l’utilisation des outils numériques qui doit se faire auprès des familles et auprès des jeunes. Il y a eu énormément de demandes sur ces choses-là. 

Il y a, pour certains, un sentiment d’exclusion qui s’amplifie. Un sentiment de mal être, et aussi d’abandon. Les jeunes le verbalisent, nous parlent de cette difficulté de vivre à l’intérieur de chez soi au vu des conditions qu’ils avaient. Vivre dans des appartements de 20m2 à plusieurs, c’est difficile. 

Cette crise a révélé ces choses mais on le savait, même au niveau des médias, on savait qu’il y avait ces soucis-là mais ils se sont révélés au grand jour et pour certains ça s’est accentué. Donc finalement un problème qu’on pouvait, peut-être, essayer de gérer s’est accentué. On reconnaît que la situation s’est dégradée. »

Nous avons, alors, interrogé Jaïs, lycéen, pour lui demander comment lui et ses camarades de classe, vivent la crise. 

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« J’ai un prof qui ne nous a pas donné de nouvelles pendant 2 ou 3 mois parce qu’on l’avait en distanciel. »

JAÏS 

Lycéen en Seconde à Van Der Mersch

« Quelques mois après la rentrée on a été séparé en plusieurs groupes et on a reçu des nouveaux emplois du temps. Ces emplois du temps ont été faits pour qu’on se croise le moins possible. On a aussi moins d’heures de cours, on est en classe entière seulement en cours d’EPS et en cours forcément on garde le masque toute la journée. On doit aussi se placer très spécialement pendant les cours c’est à dire qu’on se place un peu comme sur un damier : on doit être à côté de personne, devant personne et derrière personne. Tout ça depuis le mois d’octobre. On est majoritairement en présentiel mais on a un ou deux cours en distanciel mais je pense que ça sert à rien. J’ai l’impression que personne ne les suit et que même les profs ne nous donnent pas le travail qu’on devrait faire. J’ai un prof qui ne nous a pas donné de nouvelles pendant 2 ou 3 mois parce qu’on l’avait en distanciel.

Depuis qu’on est en demi-groupe, les cours sont plus calmes et le prof peut se concentrer sur certains élèves puisqu’on est moins. C’est plus motivant pour travailler mais du coup, on ne voit plus l’autre moitié de la classe. C’est un peu embêtant parce qu’on avait des amis et tout ça, mais c’est aussi intéressant parce qu’il y aura toujours un groupe en avance sur l’autre, du coup, on peut se prévenir sur quoi réviser et sur quoi porteront les prochains cours.

Je pense que pour l’instant on ne s’inquiète pas beaucoup pour notre avenir parce que, comme je l’ai dit, on est majoritairement en présentiel et je n’ai pas l’impression que ça nous cause plus de problèmes que ça. Je pense que ça impacte plus les étudiants qui eux sont en distanciel. 

Je pense que la crise sanitaire a eu un impact sur la vie sociale de toutes les personnes de mon âge. C’est devenu beaucoup plus difficile de sortir, on doit rentrer avant 18h maintenant, pour le couvre-feu, du coup on doit sortir plus tôt. Il y a beaucoup d’endroits fermés, les cinémas, les restaurants… On doit garder un masque toute la journée selon là où on traîne. Alors, ça ne me choque pas de voir des soirées organisées en cachette, illégalement ou de voir des gens qui ne respectent plus le couvre-feu. Moi-même je ne respecte plus le couvre-feu.

C’est aussi très compliqué pour les sportifs. J’avais repris la boxe en septembre et ma salle a fermé plusieurs fois depuis et elle est fermée actuellement. Normalement, elle devait fermer 15 jours mais ça fait bientôt 1 mois et demi qu’on n’a plus de nouvelles. J’ai aussi beaucoup d’amis qui faisaient du foot, donc en extérieur, mais qui ne peuvent plus en faire du tout. »

La pratique du sport est interdite depuis janvier pour les mineurs et les majeurs. Les écoles et structures de formation, hors université, sont parmi les seuls établissements à pouvoir encore proposer des séances de sport. C’est une mesure que déplore Ilyes Magri, puisqu’elle remet complètement en question son travail. Il accompagne des jeunes déscolarisés entre 16 et 25 ans dans leur vie professionnelle, via la pratique du sport. Face à l’impossibilité de mener ses ateliers, il organise la solidarité à Roubaix. 

« Chez les jeunes, je pense que l’impact de la crise est surtout d’ordre social et psychologique. »
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ILYES MAGRI 

Coach d’insertion par le sport à la Mission Locale de Roubaix et à l’APELS (Agence pour l’éducation par le sport)

Président de l’association sportive Roubaizilian

« Mon travail est vraiment remis en question. Pour le coup, la Mission locale ne peut plus proposer de séances de sport. Je ne peux les faire qu’en extérieur et à Roubaix ce n’est pas idéal. Du coup, j’essaye de trouver des alternatives. À l’association c’est un peu la même chose, il n’y pas de séances de sport. Les créneaux sportifs, la capoeira, prenaient bien, on était en train d’ouvrir le yoga et à chaque fois on avait 70 adhérents environ, des enfants, des adultes… Et ça s’est coupé d’un coup. C’est pour ça qu’on essaye de maintenir le lien social à travers des projets solidaires tels que les maraudes, les clean-up etc. À la base, on avait un créneau « projet » à l’association qui était le jeudi de 18h à 20h. Ce n’est plus possible avec le couvre-feu. Donc maintenant on le fait le samedi de 11h à 13h et là on parle peut-être d’un confinement le week-end (rire). Je fais que m’adapter, c’est hyper-compliqué.

Chez les jeunes, je pense que l’impact de la crise est surtout d’ordre social et psychologique. Il y a des gens, moi le premier, qui pètent les plombs. Rentrer chez soi à 18h c’est relou. Je pense qu’il y a un ras le bol déjà parce que tout le monde a fait des efforts. Et ça casse du lien, on doit se dire bonjour de loin. C’est des choses qui sont en train de rentrer dans les mœurs et qui font vraiment du mal aux gens. Moi ça me fait du mal profondément. Je le remarque aussi chez les jeunes parce que c’est verbalisé, ils le disent qu’ils en peuvent plus. On essaye de faire des séances de sport à l’extérieur le plus souvent possible et j’ai remarqué qu’ils étaient beaucoup plus réceptifs. Dès qu’il y a un projet, plein de gens veulent y participer, pour les maraudes par exemple, alors qu’avant ce n’était pas forcément le cas. Comme les jeunes ont été privés de certaines choses, là ils ont envie de s’inscrire dans plein de projets différents, d’avoir un engagement citoyen. Ça a encore plus de sens aujourd’hui je trouve. Comme il y a plein de gens dans la merde, tu as d’autant plus envie d’être solidaire maintenant. La crise ça touche tout le monde. Il n’y a plus les étudiants d’un côté et les demandeurs d’emploi de l’autre, on est tous dans la même merde. 

Il y a de plus en plus de jeunes qui s’inscrivent à la mission locale dont certains qui s’inscrivent en étant scolarisés. C’est la première fois que je vois ça ! Les problèmes de chômage chez les jeunes se sont accentués par la crise et comme ils sont impactés par ça sans avoir de pouvoir là-dessus, je pense que beaucoup de jeunes essayent de se rattacher à un accompagnement qui peut être proposé par telle ou telle structure. C’est des appels au secours en vrai. En tout cas, sur le chômage et sur la construction d’un parcours ou d’un projet professionnel, c’est compliqué. 

Moi je le vis plutôt bien parce que j’ai l’association à côté, donc j’ai aussi un engagement où c’est moi qui crée les choses. J’aide à insuffler des projets, des envies chez des gens. Ce qui me fait tenir c’est qu’il y a des gens derrière qui attendent des choses. Et aussi parce que ma fonction de travailleur social au sein de la mission locale est différente des conseillers en insertion professionnelle. Je pense qu’eux doivent vraiment très mal le vivre. Les moyens ne sont pas forcément plus donnés malgré la crise. C’est des structures pas adaptées au public, pas adaptées au salariés et avec la crise on a des demandes qui affluent avec des objectifs à très court terme. C’est « non je veux maintenant, tout de suite » alors que tu as déjà plus de 100 bonhommes qui te disent « maintenant, tout de suite » donc tu as des gens qui pètent les plombs. Je pense qu’il n’y a pas assez de moyens financiers, il faudrait créer plus de postes aussi, et c’est cours. Je pense, mais c’est les idées que j’ai, qu’il faut faire table rase de tout ce qu’il y a dans l’agglomération et vraiment essayer de construire des vrais trucs tous ensemble, des structures d’insertion. On va arrêter de se jeter la balle et vraiment faire un truc commun. »

“Faire un truc en commun”.

Quand Macron nous parlait, dès le début de la crise, de la nécessité de construire le “Monde d’après”, les roubaisiens et roubaisiennes savent quel modèle ils souhaitent défendre. 

Sans les classes surchargées, le protocole sanitaire aurait plus rapidement été mis en place. 

Avec des moyens mis dans le sport et l’accompagnement des jeunes, nombre d’entre eux auraient mieux vécu la crise. 

Si le gouvernement prenait des mesures concertées et logiques, dans un sens purement sanitaire, la pandémie aurait été stoppée depuis longtemps. 

Ces témoignages ne sont que le reflet des échecs de la politique libérale et du gouvernement actuel qui la mène.

Preuve que ce n’est qu’ensemble, travailleurs et travailleuses, lycéens et étudiants, que nous construirons un modèle social et économique efficace, solidaire et responsable. 

Emeline Locment, Daniel Duterte, Naomie Roque, Sloane Bouquet, Louise Lougrada, Hugo Maguestiaux, Josué Montois, Pierre Verquin

Sanofi-Mobilisations Indiennes-Le PCF Parti du Cinema

Suppression d’emplois chez Sanofi

Suppression de postes dans le domaine de la recherche médicale en période de pandémie. Contradiction apparente que la logique du profit s’apprête à mettre en place. Le Laboratoire français Sanofi annonce 400 nouvelles suppressions de poste de chercheurs. Depuis 10 ans, c’est 3000 de ces postes qui ont été sacrifié.

Incapable de produire un vaccin, la stratégie du laboratoire français reste la rentabilité à tout prix. Comme le rappelle l’Humanité dans son édition du 19 Janvier, en 2011 le taux de dividendes reversés aux actionnaires est de 24% des bénéfices. Deux ans plus tard, c’était 98% des bénéfices qui étaient reversé aux actionnaires. Le tout en continuant d’externaliser la production dans le seul but de favoriser le profit de quelque ’uns aux dépens de la santé de tous.

La Main mise de la finance sur la production pharmaceutique n’est plus à prouver. Continuons de lutter aux cotés du MJCF et du PCF pour faire de la santé un bien public.

Mobilisations en Inde

Depuis des mois, des dizaines de milliers de paysans indiens se mobilisent contre une réforme de libéralisation des marchés agricoles. Ce Mardi 26 Janvier, jour de fête nationale, le mouvement populaire a été violemment réprimé à New Dehli. Cela faisait deux mois que toutes manifestations leur étaient interdites par le pouvoir en place.

Malgré tout, la mobilisation ne faiblit pas, et de nombreux députés de gauches, principalement membre du Parti communiste de l’Inde apporte leur soutient et affiche leur solidarité avec le mouvement. Rappelons qu’en décembre dernier , Arya Rajendra, 21 ans militante communiste était élu de la capitale du Kerala, ville de 750 000 habitants. 

Le PCF, le Parti du Cinéma

« De tous les arts, le plus important c’est le cinéma » Lenine

Lundi dernier LCP diffusait Le parti du cinéma (Maxime Grember et Pauline Gallinari, 2020). Le documentaire retrace l’histoire du PCF en tant que premier parti à militer par l’image, à utiliser le cinéma comme outil de propagande, de lutte, de conscientisation et de résistance.

Il revient notamment sur le film clé La vie est à nous (Dir. Jean Renoir) tourné en 1936 à la veille de la victoire du Front Populaire, sur la défense du cinéma français contre l’hégémonie culturelle américaine au sortir de la seconde guerre mondiale et sur les luttes du PCF pour l’obtention d’un fond de soutien au cinéma français, réforme importante qui permis le financement du cinéma par des fonds publics.

Les cinéastes du PCF ont été les premiers à réaliser des films anticoloniaux ou, plus tard, à mettre en lumière le quotidien des français les plus précaires.

Un documentaire à revoir en replay sur le site de la chaine : https://lcp.fr/programmes/pc-le-parti-du-cinema-50404

Le 4 février, amplifions la mobilisation dans la rue : nous refusons d’être la génération sacrifiée !

Les jeunes sont fortement affectés par les conséquences de la crise sanitaire.La pandémie et les mesures prises par l’exécutif ont amplifié les phénomènes de paupérisation des jeunes. La précarité est devenue notre quotidien : précarité de nos revenus, précarité face à l’emploi, précarité des études et de nos formations.

Si la situation est aussi critique ce n’est pas à cause de la pandémie mais bien des choix faits par les gouvernements successifs, de sous financement de l’enseignement supérieur et de l’inaction du gouvernement actuel face à la crise. 

Après la réussite du rassemblement devant le siège de l’université du 20 janvier, les étudiant·e·s se sont à nouveau mobilisé·e·s en masse dans la rue le mardi 26 janvier aux côtés des syndicats de l’éducation, pour se faire entendre sur leur situation et dénoncer l’inaction du gouvernement, pour lutter contre le décrochage, contre la précarité étudiante et pour un retour de tout·e·s en présentiel. 

Au lendemain de la mobilisation du 20 janvier qui a rassemblé des milliers d’étudiant·e·s partout en France, Emmanuel Macron et Frédérique Vidal ont été dans l’obligation de faire des annonces concernant la précarité étudiante et le retour en présentiel. A savoir l’extension du ticket RU du CROUS à 1€ à l’ensemble des étudiant·e·s et un retour en présentiel à 20% du temps. 

Ces annonces sont une première victoire, et montrent l’intérêt de se mobiliser mais restent insuffisantes. En effet, concernant les repas à 1€, la moitié des restaurants universitaires sont aujourd’hui fermés et, nombre d’étudiant·e·s ne vivent pas à proximité d’un restaurant universitaire. Concernant le retour en présentiel un jour par semaine, nous ne savons pas comment les universités pourront le mettre en place, aucune directive claire ni de moyens supplémentaires n’ayant été donnés aux universités. La mise en œuvre de cette annonce, qui ne répond pas aux demandes formulées, ne suffit pas pour permettre un véritable encadrement pédagogique et, sans moyens, les établissements mettront cela en place tardivement et difficilement. 

Les annonces et les mesurettes ne suffisent plus, les actions d’ampleur se font attendre.

A Lille, sur le campus de Moulins, a été obtenue l’organisation des cours en présentiel et en distanciel, une semaine sur deux. Lorsque cette modalité n’est pas possible ,les TD auront lieu en co-modal.  Autrement dit, hors confinement, chaque étudiant-e aura la possibilité de suivre l’enseignement comme iel le souhaite !

Il est nécessaire que les autres campus de l’Université de Lille adoptent ce genre de mesures !

L’université doit se donner les moyens de cette réouverture, nous revendiquons :

  • La mise à disposition de masques et de gels hydroalcooliques gratuits pour les étudiant.es.
  • Des dépistages massifs dans tous les centres d’apprentissage et à proximité des lieux d’études
  • La réquisition de salles vides (salles polyvalentes, gymnases) pour pouvoir diviser les classes.
  • Un investissement massif dans l’enseignement supérieur et la recherche afin de permettre un recrutement massif pour assumer la réouverture. 

Cependant, rouvrir ne suffira pas. Il faut accompagner les étudiant-e-s déjà éprouvé-e-s via

  • Une communication claire de l’Université envers les étudiant.es et les enseignant.es, et une prise de position sur les formations sans rattrapages. 
  • La mise en place d’un droit au retour à la formation pour les étudiants et les étudiantes ayant dû mettre fin à leurs études.
  • Un plan de rattrapage du retard universitaire accumulé depuis près d’un an.
  • Un plan d’urgence pour lutter contre la précarité
  • Un recrutement massif de psychologues afin de rattraper le retard de la France sur les normes internationales.

Enfin, nous dénonçons :

  • Le nouveau fonctionnement en Blocs de Connaissances et de Compétences
  • Le projet d’Établissement Public Expérimental, dont nous demandons le retrait.

Nous appelons tous les jeunes et étudiant.e.s à participer à la manifestation à Lille jeudi 4 février à 14h à Porte de Paris, faisons entendre notre voix !

Kshama SAWANT / MAcron-Privatisation / Chine VS. ALIbaba

Kshama Sawant et la nécessité d’un parti ouvrier américain de masse.

Dans leur édition du 14 Janvier, les journalistes de l’Humanité sont partis à la rencontre de Kshama Sawant, conseillère municipale socialiste de Seattle, membre de Socialist Alternative. Kshama milite pour la création d’un parti ouvrier qui se distingue du parti démocrate.

Dans cet interview, elle affirme son soulagement face à la défaite de Trump et de son régime réactionnaire. Cependant elle souligne la chose suivante : « Biden n’a pratiquement rien offert à la classe ouvrière ».  Malgré la catastrophique gestion américaine de la pandémie, Biden se refuse à mettre un système social d’assurance maladie et se prononce en défaveur d’une véritable hausse des impôts pour les plus riches.

Soutient de Bernie Sanders, dans sa ville de Seattle, Kshama Sawant, et son mouvement ont remporté de nombreuses victoires, en tête un salaire horaire minimum à 15 dollars, mesure inédite aux Etats-Unis. Cependant elle réaffirme qu’il est urgent de militer pour la création d’un véritable parti des travailleurs plutôt que de négocier avec l’establisment, qu’il soit démocrate ou républicain.

Avec Macron : Privatisation de la gestion du Covid-19

La pensée Néolibérale profite de la crise pour privatiser et amasser du profit. Comme l’a révélé le Canard Enchainé, le gouvernement a fait appel à un cabinet de conseil privé américain pour l’aider à mettre en place la logistique de vaccination.

Notre démocratie, qui en 1947, grâce aux communistes, socialise la santé et la reconnait comme bien public, renie son héritage et s’abaisse devant les intérêts privés. On ne connait l’ampleur du cout d’une telle opération. Toujours est il que de l’argent publique est utilisé, en toute opacité, pour le compte d’une entreprise privé.

La Chine face aux Géants du Net

Alors que L’Europe pinaille à réguler les GAFA, face à Alibaba, la Chine pense à la nationalisation. Déjà condamné en 2020 au titre des lois anti-monopole, Alibaba récidive dans la dérive monopolistique. Une enquête approfondie est lancée par la cour populaire suprême chinoise pour mettre fin à ses dérives au plus vite.

Cette volonté s’inscrit dans une démarche plus large. Xi Jinping ordonnait en septembre d’ « Unifier les membres du secteur privé autour du parti ». L’objectif est de réaffirmer le rôle du PCC au cœur de l’économie du pays, économie régulée par l’Etat qui permet à la Chine d’être le seul pays a croissance économique positif en 2020.

A Raismes, le PCF et les Jeunes Communistes organisent la solidarité.

Par Léo Castelain

Ce Samedi, de 10h à midi s’est tenue une récolte de dons, essentiellement alimentaires, au siège du parti communiste de Raismes. Ceux-ci sont à destination des étudiants précaires, fortement touchés par la crise sanitaire. Les jeunes communistes du valenciennois soutiennent cette initiative, qui se prolongera jusqu’à la fin du mois de janvier.

10h à Raismes. Malgré le froid qui s’installe, les premiers donateurs arrivent. Dans des sacs remplis à ras bord, on y trouve tout le nécessaire. Pour l’essentiel, des boîtes de conserve, du café, des pâtes, des serviettes hygiéniques et de quoi se laver. S’en suit un ballet incessant de gens de tous âges qui viennent participer à l’effort collectif. Certains restent, boivent un café et échangent avec les camarades du parti et les jeunes communistes, qui se montrent reconnaissants. Dans cette atmosphère chaleureuse où règnent le partage et les sourires (qu’on devine sous les masques), la table où sont entreposées les denrées disparaît à vue d’œil, à mesure que les dons affluent. On se croirait en un jour de fête. Pourtant, plus loin, l’atmosphère n’est pas la même.

À l’ombre d’universités vides, à Valenciennes, Lille comme partout en France, des milliers d’étudiants, vivant déjà dans la précarité depuis quelques temps, se retrouvent submergés par la crise sanitaire que traverse le pays. Ces derniers sont privés de lien social depuis des mois, confinés chez eux avec leur écran d’ordinateur, devenu leur seule ouverture sur le monde. Nombreux sont ceux, parmi ces jeunes en formation, à devoir travailler en plus de leurs études pour subvenir à leurs besoins. Seulement, les deux confinements et les couvre-feu successifs imposés par le gouvernement, ont aggravé leur situation déjà inacceptable. Voilà qu’en plus de la souffrance d’être enfermé chez soi, s’ajoute la douleur de ne plus pouvoir se nourrir.

Depuis plusieurs mois maintenant, les jeunes communistes du Nord se mobilisent, avec l’aide d’associations comme le secours populaire ou la Campusserie à Lille, pour apporter leur soutien aux étudiants. Cependant, les actions d’aide comme celle menée ce matin à Raismes ne devraient intervenir qu’en dernier recours. Or, les politiques libérales menées dans notre pays, au service de la Bourgeoisie, font que ces aides deviennent indispensables. Une situation aussi honteuse doit nous servir de levier pour tourner le dos au mépris et relever la tête tous ensemble. Pour faire gagner nos idées. Pour que les étudiants puissent avoir un revenu pour vivre et s’épanouir dans l’apprentissage.

Cette matinée raismoise aura permis de démontrer que même en plein hiver, en plein cœur d’une crise sans précédent du capitalisme, la flamme de la fraternité ne s’éteint pas.

Université de lille : La mobilisation commence ce mercredi 20 Janvier

Examens et cours. Étudiant·e·s oublié·e·s, mobilisé·e·s pour leur avenir !

Depuis le début de la crise sanitaire et le premier confinement, les universités sont fermées et une grande majorité des enseignements sont dispensés par visioconférence. Depuis novembre, la situation est plus qu’alarmante. En effet, un rapport de Santé Publique France déclare qu’au 23 novembre 37,3 % des étudiant-e-s de plus de 18 ans se déclarent en dépression,  50 % s’inquiètent de leur état de santé mentale et avant les examens, on estime que plus d’un étudiant sur 6 avait déjà suspendu son année universitaire.

Récemment, avec la tenue des examens sont apparues de nouvelles difficultés. Sur l’Université de Lille, elles prennent la forme d’une neutralisation des UE PE annoncée en semaine 12, des conditions de passage des examens en présentiel catastrophiques et une absence de cap présenté par la direction de l’Université concernant le déroulement du second semestre.

Le gouvernement avait annoncé une potentielle réouverture des facs le 20 janvier, or rien n’est réellement mis en place et les annonces faites ce 14 janvier viennent le confirmer. Si nous pouvons nous réjouir d’une réouverture partielle des TD pour les L1 en demi-groupe, celle-ci est clairement insuffisante.

La précarité étudiante, dénoncée depuis longtemps, n’a fait qu’augmenter pendant les différents confinements, beaucoup d’étudiant.e.s ont perdu leur emploi. La détresse psychologique s’accroît; plusieurs tentatives de suicide ont eu lieu chez les étudiant.e.s dans les dernières semaines. Cette situation et ce mépris du gouvernement ne peuvent plus durer!

Face à cette situation, il est plus qu’urgent de permettre un retour dans les universités en présentiel dans le respect d’un protocole sanitaire strict. 

L’université doit se donner les moyens de cette réouverture, nous revendiquons :

  • La mise à disposition de masques et de gels hydroalcooliques gratuits pour les étudiant.es.
  • Des dépistages massifs dans tous les centres d’apprentissage et à proximité des lieux d’études
  • La réquisition de salles vides (salles polyvalentes, gymnases) pour pouvoir diviser les classes.
  • Un investissement massif dans l’enseignement supérieur et la recherche afin de permettre un recrutement  de personnels administratifs, de psychologues et d’enseignant.e.s et d’avantages de titularisations de contractuel·le·s.

Cependant, rouvrir ne suffira pas. Il faut accompagner les étudiant-e-s déjà éprouvé-e-s via : 

  • Une solution autre que le rattrapage en seconde session pour les étudiant.es n’ayant pas pu passer leurs partiels.
  • Une communication claire de l’Université envers les étudiant.es et les enseignant.es, et une prise de position sur les formations sans rattrapages. 
  • La mise en place d’un droit au retour à la formation pour les étudiants et les étudiantes ayant dû mettre fin à leurs études.
  • Un plan de rattrapage du retard universitaire accumulé depuis près d’un an.

Enfin, nous dénonçons :

  • Le nouveau fonctionnement en Blocs de Connaissances et de Compétences
  • Le projet d’Établissement Public Expérimental, dont nous demandons le retrait.

Pour exiger cette réouverture des universités, un protocole sanitaire strict et un investissement massif, nous devons nous mobiliser !

Rendez-vous mercredi 20 janvier à 14h30 devant le siège de l’Université pour se faire entendre et le 26 janvier en manifestation !

CRISE DU COVID OU CRISE DU CAPITALISME ?

Par Yacine

Ce mardi, Emmanuel Macron s’est de nouveau adressé directement aux Français à propos du coronavirus et de l’ensemble des mesures prises face à la seconde vague.

Il a justifié sa politique de confinement par des arguments sanitaires et a expliqué que la levée de ces mesures restrictives serait corrélée à la réalisation de certains objectifs de contagions et d’occupation des lits d’hôpitaux, objectifs dont on peut difficilement juger de la pertinence. Quant au confinement, celui-ci est maintenu, mais avec de nouvelles conditions qui ne font que renforcer son caractère absurde et qui ne peuvent qu’accroître le scepticisme envers cette méthode. Il faudrait développer longuement l’analyse de ce discours pour montrer à quel point, il porte, du début à la fin, l’idéologie d’une bourgeoisie qui ne sait plus comment sortir des crises qu’elle a elle-même provoquée. Revenons sur certains points.

L’absurdité des mesures de confinements ne doit bien sûr pas nous empêcher d’insister sur la nécessité de respecter les gestes barrières, bien qu’ils soient devenus le cache-misère de l’échec du gouvernement à lutter contre l’épidémie, ils ont une réelle efficacité. 

Macron nous parle d’un effort collectif. Un effort collectif, qui aurait commencé à porter ses fruits. Mais la réalité est bien différente. Alors que les travailleurs, dans des conditions de plus en plus difficiles, maintiennent l’économie à flot, la classe capitaliste continue d’engranger des profits record. Celle-ci profite de la crise pour procéder à une restructuration de l’économie, en multipliant les plans de licenciement, en accroissant l’exploitation et en s’appuyant sur des travailleurs de plus en plus précaires. On ne peut bien sûr, pas manquer de parler des travailleurs de la santé, subissant des décennies de destruction méthodique de la sécurité sociale et de l’hôpital public, qui doivent assumer avec des moyens dérisoires l’afflux des malades. Macron refuse toujours la mise en place des mesures qui permettraient de lutter efficacement contre le manque de moyen. Là-dessus la JC du Nord revendique la suppression des exonérations de cotisations sociales, la création de 100 000 postes dans les hôpitaux, ainsi que l’ouverture de 10 000 lits.

Par ailleurs, le président évoque la circulation du virus dans tout l’hémisphère Nord, en omettant de préciser que la Chine, le Viêtnam ou encore Cuba, trois pays bel et bien au Nord de l’équateur, ont été capable d’endiguer la circulation du virus. Bien sûr, pour Macron, l’idée que des états dirigés par un parti communiste puissent s’en sortir bien mieux que les états capitalistes d’Europe ou d’Amérique du Nord, est inacceptable, il préfère donc omettre l’évidence. Néanmoins l’exemple de la Chine qui a vaincu le virus en quelques mois, en s’appuyant sur la planification économique et la société civile socialiste, ou bien encore l’exemple de Cuba, étouffer par le blocus impérialiste, mais pourtant capable d’envoyer des médecins en Italie, là où l’UE a montré une passivité coupable, devraient grandement faire réfléchir les travailleurs français sur la nécessité de rompre avec l’ordre politique capitaliste.

En effet, il est maintenant clair que la crise du coronavirus, n’est en réalité pas qu’une crise sanitaire mais également une crise du mode de production capitaliste. Marx dans ses Gundrisse expliquait que :

« Les contradictions capitalistes provoqueront des explosions, des cataclysmes et des crises au cours desquels les arrêts momentanés de travail et la destruction d’une grande partie des capitaux ramèneront, par la violence, le capitalisme à un niveau d’où il pourra reprendre son cours. Les contradictions créent des explosions, des crises au cours desquelles tout travail s’arrête pour un temps tandis qu’une partie importante du capital est détruite, ramenant le capital par la force à un point où, sans se suicider, il est à même d’employer de nouveau pleinement sa capacité productive. Cependant ces catastrophes qui le régénèrent régulièrement, se répètent à une échelle toujours plus vaste, et elles finiront par provoquer son renversement violent. ».

C’est précisément ce que nous laisse entrevoir la situation actuelle. D’un côté, un mode de production capitaliste qui poursuit son cycle de crise, avec une classe capitaliste qui en profite pour tenter d’accroître l’exploitation des travailleurs et de liquider les conquêtes révolutionnaires du prolétariat. De l’autre, le prolétariat qui doit affronter les conséquences sociales directes de cette crise tout en défendant ses conquêtes face aux capitalistes. Bien sûr défense et attaque procèdent du même mouvement pour le prolétariat.

Le seul moyen de faire reculer le gouvernement actuel, ainsi que les futurs gouvernements bourgeois à prévoir passe par une défense et un développement des conquêtes de 1946, par lesquels les travailleurs communistes ont instauré le régime général de sécurité sociale ainsi qu’un service public aux services de la population, conquêtes qui démontrent la légitimité du prolétariat à diriger l’ensemble de la société. Bien sûr comme en 46, c’est au travers d’organes de classe combatifs, et structurés sur des bases marxistes, comme l’étaient alors le PCF et la CGT, que le prolétariat pourra trouver la force de conquérir le pouvoir économique et politique. Résoudre les contradictions du mode de production capitaliste, qu’elles soient économiques, sociales, environnementales ou même anthropologiques, passe donc par le renforcement dans les luttes des organes de classes nécessaires à la lutte du prolétariat. Car si le capitalisme déclenche des crises de plus en plus graves, seule une classe révolutionnaire consciente de sa force et de sa responsabilité historique pourra le renverser.

Sans quoi, cette crise du capitalisme, loin d’être la dernière, ne sera que l’annonciatrice de nouvelles crises dont l’ampleur est difficilement imaginable. 

Pierre Verquin : « Pour notre santé : on contre-attaque, Et on gagne ! »

Edito de Pierre Verquin, secrétaire fédéral des jeunes communistes du Nord en réaction à l’adoption du forfait de 18€ pour les passages aux urgences non suivis d’une hospitalisation.

La honte a été votée cette nuit !

Le fameux forfait de 18€ pour chaque passage aux urgences non suivi d’une hospitalisation a été adopté cette nuit à l’assemblée nationale et rentrera en vigueur en septembre prochain. 

Une loi de finance qui, en plus d’être inhumaine, va à l’encontre du bon sens 

Personne ne s’étonne plus de la volonté du gouvernement de pénaliser toujours les plus précaires. Cependant, en pleine pandémie, cette loi tend vers le ridicule. Comment pouvons nous demander à tout le monde de se déclarer lorsque le moindre symptôme apparaît si l’on punit celles et ceux qui se trompent ?
La pandémie a de beaux jours devant elle, les inégalités aussi.

Aujourd’hui le ticket modérateur est un reste à charge de 30% sur nos soins. 
Autrement dit, 30% que la sécu ne prend pas en charge mais que nous devons payer de notre poche, généralement grâce une assurance privée. 

La majorité a voté cette nuit la suppression de ce ticket modérateur et la fixation les prix non-plus au pourcentage mais par décrets. 

Ainsi, nous devrons payer 18€ à chaque passage aux urgences qui ne sera pas suivi d’une hospitalisation. 

De plus, si les personnes à pathologies graves, les femmes enceintes, les militaires…etc ont actuellement les soins remboursés à 100% par la sécu, cela ne sera plus le cas. 

On nage dans la honte. 

Face à cela : L’appel des 1000 jeunes du Nord.

Nous, jeunes communistes du Nord, demandons l’abandon du ticket modérateur pour une prise en charge à 100% (au lieu de 70%) des soins ! La Sécurité Sociale est notre bien commun, elle doit se renforcer, pas être mis en coopération avec des assureurs privés !

Nous le clamons haut et fort : notre santé n’est pas une marchandise ! Nos hôpitaux n’ont pas vocation à faire de l’argent, et la sécurité sociale non plus. 

Dans cette logique, l’appel, que nous faisons signer depuis le début de la semaine et qui remporte déjà un franc succès, revendique aussi : 

• Des masques prix en charge à 100% par la sécurité sociale puisqu’ils sont des soins obligatoires. 

• Le pré-recrutement massif d’étudiant.e.s en santé par la fonction publique. 

• Un plan de création de 100 000 emplois et de titularisation de tou·te·s les contractuel·le·s dans les hôpitaux.

L’épidémie prouve bien ce que nous revendiquons depuis des années : nous manquons de soignants. Il est plus que de temps de penser à renforcer notre service national de santé à long terme par l’embauche et la formation ! 

Pour financer tout cela nous exigeons : 

• La suppression immédiate des exonérations de cotisations sociales pour les grandes entreprises (de manière progressive pour les PME).

•  La gestion du budget des caisses de sécurité sociale, par des assemblées élues d’usagers et de professionnel.le.s de la santé.

L’argent existe, il suffit d’aller le chercher et notre santé à tous et toute en vaut le coup !

Cette campagne ne fait que commencer. Les 1000 signataires à l’Appel seront vite atteints, nous continuerons à aller chercher les voix des jeunes une par une, sur tout le territoire. Nous avons le droit de nous prononcer sur notre santé, nous avons le droit de décider de notre avenir et de nous opposer à ce qu’une poignée de bourgeois en fait. 

A nous maintenant d’amplifier la mobilisation !

La Sécurité Sociale est une conquête du PCF et de la CGT, ils ne la tueront pas !

Si tu veux te joindre à nous, si tu considères que ces revendications sont justes, si tu veux défendre un modèle de sécurité sociale efficace : viens signer l’appel, adhère au mouvement et partage ces revendications partout autour de toi ! 
https://www.jeunes-communistes.fr/

Pierre Verquin, secrétaire fédéral des Jeunes Communistes du Nord

Nos corps, nos droits ! Contre les mobilisations de « Marchons Enfants », défendons un véritable accès à la PMA pour toutes et tous !

Par Salomé

Alors que la droite conservatrice se mobilise autour de son projet homophobe, lesbophobe et transphobe, les communistes continuent de défendre l’égalité sociale sous toutes ses formes avec l’ouverture de la PMA aux femmes célibataires et aux couples lesbiens.

Le 10 octobre 2020 aura sonné le retour dans nos rues de « la manif’ pour tous », vitrine joyeuse et lissée des mouvements et groupuscules conservateurs français. La droite conservatrice à cette fois défilé dans une soixantaine de ville derrière le collectif « Marchons Enfants ». Autour de la rhétorique du « droit à l’accès aux origines » ou « de la place du père », la droite serre les rangs contre les récentes conquêtes du mouvement LBGTI. Mariage homosexuel sous le mandat présidentiel de François Hollande et à présent ouverture de la PMA aux femmes lesbiennes et célibataires : la réaction nous refuse le droit à une vie digne et libre et s’oppose à toutes les avancées progressistes. Malgré leurs tentatives de moderniser leur image, ce sont toujours les vieux fantômes de l’intégrisme religieux et de l’autoritarisme politique qui s’agitent. Derrière les drapeaux verts, bleus ou roses, les bruns s’organisent pour défendre la domination masculine et la famille hétéro-patriarcale. Les parisien.ne.s ont pu le constater avec horreur en découvrant une vingtaine de croix gammées tagguées rue de Rivoli, le long du parcours de la marche. Face à la violence réactionnaire, les communistes n’ont de cesse de combattre pour les droits des personnes LGBTI et des femmes. La loi Bioéthique ouvrant l’accès à la PMA pour les couples lesbiens et les femmes seules est un début, continuons le combat !

Lorsque la réaction se lève, c’est qu’elle sent le vent tourner ! L’accès à la PMA pour les couples lesbiens et les femmes seules est un progrès historique, revendiqué depuis longtemps par le mouvement LGBTI et les communistes. Néanmoins, le groupe présidentiel En Marche aura tous fait pour limiter cette conquête : de nombreux amendements issus des groupes parlementaires progressistes se sont vus rejetés par la majorité libérale. Le chemin vers l’égalité totale reste encore long. Les personnes trans sont exclues de la loi tandis que les amendements visant à interdire la mutilation des enfants intersexes ont été balayé. Du côté des couples de femme, la discrimination persiste. Les mères devront ainsi affronter une procédure complexe et onéreuse devant notaire (la reconnaissance conjointe anticipée – RCA) pour être reconnues et l’anonymat total du donneur a été levée. Cette dernière mesure porte un grand coup à l’autonomie des femmes et des couples lesbiens : sous la rhétorique réactionnaire du « droit à l’origine » on impose aux mères l’ombre d’un potentiel donneur-géniteur. Face à ce progrès-à-reculons nos droits reproductifs restent à conquérir : nous revendiquons un accès égalitaire et gratuit à la PMA, l’anonymisation totale des donneurs mais aussi la fin des mutilations subies par les enfants intersexes.

Si les réactionnaires sortent dans la rue, ils siègent aussi au Parlement ! Les mobilisations de « Marchons Enfants » se couplent à la LGBTIphobie et le sexisme de notre gouvernement. Alors même qu’il ouvre la possibilité d’un progrès historique pour les droits des couples lesbiens et des femmes, il entérine une loi insuffisante et injuste. Les inégalités entre les couples hétérosexuelles et lesbiens demeurent, la transphobie d’état est contresignée, les violences subies par les enfants intersexes sont balayées d’un revers de main par la ministre de la santé. Mais que pouvions nous attendre d’un gouvernement qui compte en son sein d’anciens soutiens de « la manif’ pour tous » ? Par la lutte nous arracherons l’égalité totale et la fin des discriminations de genre et d’orientation sexuelle. Nous répondrons dans la rue comme au parlement à toutes les formes d’homophobie, de lesbophobie, de transphobie et de sexisme.

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